samedi 14 novembre
Massive Attack
Paraskevidékatriaphobe ou paraskevidékatriaphile ? Si pour le chat noir, le pied posé par terre au réveil ou les passages sous échelles, je n'ai plus aucun doute : ça porte la poisse. Pour les vendredis 13, je n'ai jamais pu vraiment vérifier s'ils étaient vecteur de chance ou de malheur. De mémoire, aucun vendredi 13 ne fut marquant dans un sens ni dans l'autre.
Le concert de Massive Attack d'hier (vendredi 13 donc) a levé l'ambiguïté. C'est un jour à coups de bol. Le concert fut exceptionnel. Un show comme je n'en avais jamais vu : deux heures d'envoûtement. Captivé par la musique puissante, claire, précise, sensuelle et mélancolique des cinq musiciens noyés dans la brume qui envahissait la scène. En parfait accord avec la musique, les éclairages signés JR étaientd'une inventivité et d'une beauté à couper le souffle. Un spectacle à eux seuls. Les cinq interprètes, Horace Andy, Tricky, Robert del Naja, Martina Topley-bird et Shara Nelson, se sont succèdés sur scène. Chacun apportant avec le même bonheur la couleur de sa voix à la musique de Massive Attack. Le groupe était au grand complet pour un spectacle qui ne mérite que des superlatifs.
Diaporama "Women are heroes" de JR
Splitting the Atom (4 derniers titres sortis en octobre sur le Net)
vendredi 13 novembre
L'excès de Net nuit à l'image
Tout en prenant le soin de préciser qu'il "préférerait toujours ce genre d'excès à ce que fut le totalitarisme communiste" (Raoult a failli nous en faire douter), Le Nain a déploré les "excès" d'une "démocratie d'opinion débridée où les nouveaux moyens de communication s'affichent comme des zones de non-droit". Le Nain est certainement l'homme politique le plus brocardé sur le Net. Il l'accepte à contre-coeur en y voyant un excès de démocratie.
C'est vrai que c'est rageant. Lui qui a tout fait pour contrôler les médias est pris à son propre piège. Le Net brouille ses effets d'annonce dès leur parution. Tout ce que dit le gouvernement est systématiquement mis en doute. On en vient par exemple à se demander si le vaccin injecté à Roselyne était le même que celui réservé au vulgus pecum. A ce propos, une curieuse histoire de sosie circule en ce moment sur le Net. De troublantes similitudes existeraient en Shrek et Sarko ...
Il y a trois mois encore je n'avais qu'une vague idée du physique du fiston. Mais quand je l'ai vu pour la première fois, sa tête me disait quelque chose. Hé ben, ça y est, j'ai trouvé.
Avouez qu'entre le Jean de Sarko et le Charmant de Shrek la ressemblance est saisissante. On dirait deux jumeaux. Tout y est : les lèvres épaisses, la coupe playboy BCBG, l'épaisseur des sourcils, le menton vaguement prognathe ... Et si on se réfère aux premières interventions du fiston, il y a fort à parier qu'il en va de même pour les QI.
Est-ce pour gommer cette fâcheuse ressemblance que les comcoachs ont totalement revu le look du Fiston ? Un passage chez le coiffeur, un autre chez l'ophtalmo et le tour est joué : le Prince Charmant devient un technocrate capable de diriger l'EPAD.
Mais il y a encore plus troublant. On en vient à se dire que les scénaristes de Shrek ont effectivement pris pour modèles les Sarko père et fils. Farquaad, le nain qui veut devenir roi, il ne vous fait pas penser à quelqu'un ?
jeudi 12 novembre
Ponce Pilate
Le Neveu qui avait vaillamment soutenu Polanski ne met pas la même ardeur pour venir en aide à Marie NDiaye. Cette fois-ci, Fredo préfère s'en laver les mains. Après ses débuts tapageurs, le Neveu se serait-il fait taper sur les doigts ? Il lui suffisait simplement de réaffirmer le principe de la liberté d'expression de l'écrivain et des artistes en général. La routine pour un Ministre de la Culture. Marie NDiaye exprime son avis sur son pays. Il me semble que c'est un droit qu'a chaque citoyen français. Un droit fondamental en démocratie. Ou alors ce n'est plus le cas et Fredo n'ose pas le dire ?
"Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus."
Eric Raoult a l'identité nationale à fleur de peau. Et en ce moment, Grenelle identitaire oblige, il y a des valeurs à définir. Ce que dit M. NDiaye n'est certes pas tendre pour la bande du Nain, notamment pour Besson et Hortefeux. On comprend que cela puisse heurter Eric Raoult. De là à invoquer le droit de réserve ... Et pourquoi pas un comité de censure pour éviter tout dérapage incontrôlé ? Raoult a une curieuse conception des primes prix littéraires, il ignore manifestement que le Goncourt n'a rien à voir avec le concours de la magistrature et qu'il n'oblige pas ses lauréats à devenir des fonctionnaires assermentés. Aurait-il été stalinien dans sa folle jeunesse ?
mercredi 11 novembre
Petits sondages entre amis
Le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer (UMP) a donné mardi son feu vert à la poursuite de la procédure visant à créer une commission d'enquête parlementaire sur les sondages de l'Elysée. La Cour des comptes a mis l'accent sur des factures émise par l'Elysée à un cabinet de conseil pour des prestations de conseils et de sondages. Sondages qui ont en fait été payés également pas des entreprises de presse en particulier le «Politoscope» réalisé par l'institut Opinion Way pour Le Figaro et LCI.
Pour mémoire, dans le chapitre intitulé « le cas particulier des études » de son rapport sur la gestion de l'Elysée, la Cour des comptes révélait :
- que l'Élysée a passé en juin 2007 une convention avec un cabinet d'études pour un coût de près de 1,5 million d'euros, montant "exorbitant au regard des règles de l'exécution de la dépense publique", et ce sans respecter les règles des marchés publics.
- que ce cabinet (Publifact de Patrick Buisson, directeur de cabinet du Nain) a facturé à l'Elysée, pour 392 288 euros, des sondages Opinion Way, dont les résultats étaient publiés par Le Figaro et LCI, la Cour des comptes soulignant que "la comparaison des résultats publiés dans la presse et de ceux remis à la présidence ne faisait pas apparaître de différence".
- qu'à propos de près de quinze autres études (dont les prestataires ne sont pas précisés), payées par l'Elysée, "le document remis à la Présidence était identique à celui publié par des organes de presse".
Je suis loin d'être un expert en comptabilité mais on appelle ça de la double facturation non ?
mardi 10 novembre
Il a aussi cassé le vase de Soissons
Avant de se rendre à Berlin pour commémorer la chute du mur et se lancer dans une pâle imitation de J.F Kennedy qui fait se gondoler toute l'Allemagne, Le Nain n'avait pas pu s'empêcher de faire sa promo de lancement en déclarant sur son Facebook qu'il avait été un des acteurs de cet évènement :
«Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l'Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l'événement qui se profile. ... Nous filons ensuite vers Check Point Charlie pour nous confronter à ce mur dans lequel nous avons pu donner quelques coups de pioche.»
Les Berlinois de l'Ouest n'ont commencé à s'attaquer au mur que le 10 novembre. Le Nain a donc été un des premiers à entamer le mur de la honte à coups de pioche. "Pioche" que Le Nain avait sans doute apportée avec lui dans le coffre de la bagnole, comme ça, au cas où ... Fanch Fion, par contre, ne semble pas avoir besoin d'un quelconque outil. Lui, c'est du tranchant de la main, façon karaté, qu'il attaque le mur. Surprenant de sa part.

Ce qui fait tout un joyeux ramdam dans la blogosphère n'est sans doute qu'une erreur de doigt choix dans la date de la part d'un obscur rédacteur. Les comcoachs n'espèrent tout de même pas nous faire avaler que c'est Le Nain himself qui a donné le signal de la démolition ! Peu importe sans doute qu'il y ait du buzz contraire, l'essentiel est que tout le monde puisse savoir qu'en novembre 1989, Le Nain était à Berlin et qu'il a été un des premiers à ouvrir la voie du libéralisme en Europe de l'Est.
Le Nain a été, est et sera partout présent là où le Monde bouge. Fussent-elles temporelles, notre omniprésident est au-dessus de toutes les contraintes. Dans son agenda, on a même trouvé une photo souvenir attestant que c'est lui qui, en l'an 486, a cassé le vase de Soissons au nez et à la barbe de Clovis. Et c'est encore Le Fion qui joue le rôle du témoin.
lundi 09 novembre
Route du Café
Les deux quimpérois, Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias, ont pris dimanche le départ de la neuvième Route du Café qui arrivera à Puerto Limon fin novembre. Les deux marins, toujours perfectionnistes, n'ont comme d'habitude rien laissé au hasard pour leur préparation.
Pour ce sprint atlantique qui va demander de faire marcher le bateau le plus souvent possible à plein régime, les deux navigateurs ont tout particulièrement peaufiné leur entraînement physique. Un programme alliant dextérité, équilibre et endurance a été spécialement mis au point pour cette transat en double comme en témoigne la photo ci-dessous (une exclu VDG) prise lors de leur participation à la course de garçons de café de Concarneau qu'ils ont emportée haut la main. C'est d'ailleurs tout ce qu'on souhaite aux deux garçons dès la fin du mois au Costa Rica.
Ce matin, sur la carte de classement, on pouvait remarquer que Véolia filait Nord faisant cap sur l'Irlande. Des mauvaises langues se sont aussitôt empressées de faire remarquer que cette route avait pour destination le "pays des pubs", "la patrie de la Guiness" et que ce n'était guère étonnant de la part de deux gaziers qui, quand ils sont à terre, passent le plus clair de leur temps à tester leur endurance et leur sens de l'équilibre en participant dès que l'occasion leur est offerte à la Route des Cafés (de Douarn au Guil en passant par Plon). Toujours en riboul, quoi ! Et ça jusqu'à pas d'heure !
Ces pirates ont même été jusqu'à trafiquer une image (autre exclu VDG) pour donner du poids à leur calomnie. L'infâme Patleugh aurait-il repris du service ?
samedi 07 novembre
Déferlement de boulettes
Pas de tambours ni de trompettes pour célébrer la mi-mandat. Et pour cause, mieux vaut choisir de mettre la fanfare en sourdine quand on connaît les résultats de la "politique de rupture" sensée redynamiser le pays. Le chômage s'aggrave (+25% en un an), la croissance qu'on allait ramener par la peau du dos s'est en fait muée en récession (-2,1% en 2009), malgré la saignée opérée sur les services publics la dette de l'Etat ne cesse de s'alourdir (67% du PIB en 2008, 76% en 2009), bien que des aides aient été consenties les investissements des entreprises s'écroulent (-21% en 2009). L'ultra-libéralisme démontre sa vanité, alors Le Nain fait le dos rond et, à l'occasion d'une conférence de presse donnée en catimini, reconnaît avoir fait quelques boulettes ... de com.
En fait, ce demi quinquennat n'aura été qu'une accumulation de boulettes en tous genres. Un vrai déferlement : la célébration de la victoire au Fouquet’s - la virée sur le yacht de Bolloré - le bouclier fiscal - le flop de la réforme des lycées - la loi Hadopi mal fagotée - le Grenelle de l'Environnement qui ne crée que des taxes - l'inefficacité de la baisse de la TVA pour la restauration - l'autorisation des jeux en ligne pour les potes du CAC 40 - le bling-bling et les talonnettes - la fascination US sous Bush - le "casse-toi pauvre con" et le "descend si t'es un homme" - la réception officielle de Khadafi - le soutien à Bongo - l'intervention inopinée dans l'affaire Clearstream - la villa corse de Clavier - le tout à l'égoût de la belle famille - les dépenses somptuaires de l'Elysée - les 172% d'augmentation de salaire - les sondages à 3,2 millions d'euros - les charters pour l'Afghanistan - les bisbilles du couple Yade-Kouchner - Laporte, le guignol en chair et en os, nommé aux Sports - la courtisane Dati en Garde des Sceaux - la promotion ratée du fiston à l'EPAD ...
Ouf ! N'en jetons plus, la cour (du roi) est pleine. Et pourtant, j'en passe et sans doute des meilleures. Le rythme médiatique imprimé par la bande du Nain et ses conseillers en com est hallucinant. Ce sont d'authentiques champions du lancer de boulettes. Un scoop chasse l'autre et les téléscripteurs sont en surchauffe permanente. On produit du buzz, de l'info jetable dans le seul but d'épaissir l'écran de fumée. Les médias ont du grain et même de l'ivraie à moudre ce qui évite d'évoquer le calamiteux bilan. Face à la crise, le gouvernement n'a en fait aucune stratégie, si ce n'est la com tous azimuts à toute berzingue.
La côte de popularité en berne du Président laisse à penser que beaucoup commencent à se rendre compte de l'énorme boulette qu'ils ont fait en lui confiant la direction du pays en juin 2007. Le temps des illusions serait-il révolu ?
Jean-Marc Ayrault dresse le bilan à mi-mandat de Nicolas Sarkozy.
jeudi 05 novembre
Chansons identitaires
Superbe pastiche du grand Georges sur celle qui avant d'être la femme de Sarko interprétait du Brassens. A l'époque, Carla avait déjà l'image trop lisse, et c'est sans doute pour y apporter une touche de subversion qu'elle interpréta sur scène la plus paillarde de toutes les chansons de Brassens. Une qui, en plus, a été interdite à la radio, nous confie la rebelle. Quelle audace !
A l'écoute de Carla sussurant Fernande, on peut imaginer les soirées musicales devant la cheminée élyséenne ... Carla au chant et à la guitare accompagnée par son mari qui, tapant dans ses mains, reprend avec enthousiasme les refrains. La bite à Dudule, Ouille ouille ouille, La boîteuse, Le curé de Camaret ... Et oui, tant qu'à y être, pourquoi ne pas abreuver creuser le sillon du chant gaulois et envisager une compil paillarde interprétée par le premier duo de France ? Dans les bacs pour les fêtes : c'est le carton assuré. Les réveillons seront karaokés.
Et ils pourraient le faire sans fard ni honte. Ce serait en effet une contribution directe à la sauvegarde d'un patrimoine que l'on dit en danger. En effet, si on interrogeait la mémoire collective, on s'apercevrait à coup sûr que chacun d'entre "nous" a dans un coin de sa tête quelques vers bien gras et bien salés prêts à être fredonnés. A n'en point douter, les chansons paillardes font viscéralement partie de l'identité française.
Et il serait grand temps de rendre leur enseignement obligatoire.
Biz à DLD pour les liens
mercredi 04 novembre
Envie pressante
Et encore, lui, il est jeune. Il ne connaît pas les problèmes de prostate.
mardi 03 novembre
Grenelle identitaire
Bien qu'ex-socialiste, Eric Besson a très vite intégré la "philosophie sarkozienne" : il agit. En septembre, il nettoie la jungle de Calais, en octobre, il renvoie des afghans au bercail et début novembre, il lance le débat sur l'Identité Nationale. Si on ajoute à ça le débat parlemenaire sur la burqa demandé par des élus UMP, on pourrait avoir l'impression que le très actif Ministre de l'Immigration a préparé le terrain avant son Grenelle identitaire qui permettra sans doute de déterminer quelles devront être les valeurs à respecter pour les étrangers qui résident sur le sol français.
Les sondages semblent pourtant confirmer (CSA/LeParisien - IFOP/Ouest-France) que le peuple français souhaite que l'on débatte de ce sujet. Eternel débat qui ne trouve jamais de réponse tant les réponses sont multiples mais qui entretient le doute sur le droit de certains à se revendiquer de nationalité française. Poser la question de l'identité nationale, c'est poser le problème de l'intégration des immigrés. Et on le sait, ce thème cher au FN revient toujours sur le tapis en période électorale. D'autant que les résultats de cette consultation nationale sont prévus pour fin janvier-début février 2010. Juste avant les régionales.
Grand débat sur l'Identité Nationale (site officiel)
Les Indivisibles (militants dont le but est de déconstruire les préjugés ethno-raciaux)
On peuplu rien dire !
Didier Bourdon apporte sa pierre au débat sur l'Identité Nationale. Sa chanson date déjà de 4 ans, mais elle est toujours d'actualité.
lundi 02 novembre
Casseroles en batterie
Comme Charles Pasqua, son ancien ministre de l'Intérieur, Jacques Chirac pourrait sans doute faire concurrence à Téfal tant est grand le nombre de casseroles qu'il traîne derrière lui. Certains reponsables politiques, dont Ségolène Royal, estiment que l'ancien président de la République "mérite d'être laissé tranquille" tant l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris fait date. En effet, douze ans : 1 septennat + 1 quinquennat.
Le retard dans l'instruction de ce dossier s'explique uniquement par l'immunité dont a joui Jacques Chirac en tant que Président de la République. Pour éviter ce décalage "choquant" entre le délit et son jugement, il suffirait tout simplement de supprimer ces immunités contre-nature dont jouissent des élus qui devraient, par définition, être au-dessus de tout soupçon. N'élire que des honnêtes hommes ? Je sais, c'est naïf.
Le Nain, lui, fait preuve de davantage de pragmatisme pour régler ces anachronismes judiciaires. Il suffit d'inféoder la justice au pouvoir politique. On supprime aux juges d'instruction le pouvoir farfouiller à leur guise dans le linge sale des politiques. Plus personne ne pouvant émettre de soupçon, on pourra même se permettre le luxe d'abroger les immunités des élus. On ne fait pas mieux comme preuve de bonne foi.
dimanche 01 novembre
Sheer K
Sur le programme du Run, le nom me disait quelque chose, mais je me demandais si ce n'était pas tout simplement l'homophonie avec Shere Khan (on a les références qu'on peut) qui me donnait cette impression de déjà entendu. C'est donc au pif (même pas écouté avant sur le Net) que je me suis rendu au Run ar Puns samedi soir. Le hasard a parfois du bon car le concert était vraiment de qualité : excellents musiciens, chanteuse à la voix suave, plaisir manifeste d'être ensemble sur scène. Le groupe brestois Sheer K joue une musique élaborée qui swingue remarquablement. Un trip hop très mélodique qui n'est pas sans rappeler Morcheeba ou Massive Attack. Un groupe à suivre.
samedi 31 octobre
Invitation à l'injection
C'est sans doute une habitude contractée au ministère des Sports, Roselyne Bachelot mouille le maillot. Elle est comme ça, quand il y a un dossier bûlant, elle se donne à fond. Surexposition médiatique tout à fait compréhensible quand on sait qu'elle a 94 millions de doses de vaccin à refourguer avant la fin de l'hiver. Et l'affaire se présente mal, les cobayes sont sceptiques. Fin septembre, 8 Français sur 10 déclaraient ne pas avoir peur de la grippe A. La pandémie se fait toujours attendre (tant mieux qu'elle continue) et on est loin des scénarios catastrophe du mois de mai. Face à ce manque d'engouement pour sa panacée qui pourrait bien finir à la poubelle, le Ministère de la Santé lance une campagne de com sans précédent. Dans les prochains jours, chaque assuré social recevra une lettre d'invitation ... à aller se faire vacciner. Des fois que le message martelé dans les médias ne soit pas passé.
Autre "initiative" gouvernementale pour restaurer la confiance des futurs vaccinés : la publication des contrats passés avec les entreprises pharmaceutiques qui produisent le vaccin. C'est tendance en ce moment ce désir de transparence, cette envie de lever des secrets. Il manque juste quelques infos secondaires comme les prix et le secret des procédés.
On attend toujours que notre ministre de la santé fasse un geste symbolique, qu'elle montre un vrai engagement dans sa quête pharmaceutique. Qu'elle soit donc la première à tendre le bras pour recevoir sa dose.
jeudi 29 octobre
Charlie la Balance
Dans les années 90, la cohabitation règne sur le pays. Le Grand Jacquot en disgrâce, c'est le duo FanchMitt-Goîtreux qui tire les ficelles. En Afrique, les réseaux mitterrandiens et pasquaiens s'entendent comme larrons en foire pour virer les chiraquiens des postes clefs. C'est l'époque de la politique Françafrique avec Elf comme pompe à fric et les présidentielles de 95 en ligne de mire. C'est à ce moment que Charlie décide de lâcher le Grand Jacquot pour jouer le Goîtreux gagnant. Charlie est alors premier flic de France, c'est sans doute pour ça qu'il se croit autorisé à tripatouiller dans le trafic de guns avec des blacks d'Angola : 420 chars, 150.000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre et 170.000 mines anti-personnel, le tout pour 790 000 dollars. Un biz de première : Falcone est à la négo, Gaydamac fait le fourgue et Charlie assure la caution morale.
Quinze ans plus tard, toute la bande passe à la caisse. Les distributeurs de pots de vin récoltent six ans de zonzon. Charlie qui aurait palpé, un an ferme ! A 82 carats ! L’ancien boss du SAC l'a mauvaise. Mais hors de question pour lui d'aller au placard sans moufter. C'est qu'il est rancunier, le Charlie. Teigneux même, quand on lui cherche des poux dans la tonsure. Alors, il fait comme Roberval, notre Charlie, il balance. Dans la bande du Goîtreux, du sous-fifre au ténor, plus d'un aurait été mis au parfum. De là à penser que certains auraient fait plus qu'humer ... Il n'y a qu'un pasqua (pas pu m'empêcher).
En effet, selon Charlie-les-bons-tuyaux, il suffirait tout bonnement de lever le secret défense pour le savoir. Levons-le donc. Et tant qu'à ouvrir la boîte de Pandore, pas la peine d'attendre encore quinze ans pour les frégates de Taïwan ou les sous-marins pakistanais. Soyons hardis, levons aussi.
mercredi 28 octobre
Un homme très recherché
Les jours qui succèdent à un changement d'heure réservent toujours des émotions dues au fait que toutes les pendules qui nous entourent au quotidien ne sont pas forcément mises à l'heure le jour même. Il y a bien sûr la pendulette de la voiture qui nous fait croire un instant qu'on est à la bourre ou que la soirée a duré plus que prévu. Généralement, on s'aperçoit du défaut de réglage quand on conduit. Et comme de nos jours mieux vaut garder ses deux mains sur son volant, c'est plus prudent car la manip n'est pas si évidente que ça (trop de boutons dirait JF Lamour). Alors on remet à plus tard ... et la situation perdure ...
En période de vacances, il est une autre pendule qui reste calée sur l'heure d'été. Celle qui, en ces oisives périodes, n'est d'aucune utilité : le réveil matin. Lundi dernier, ce décalage m'a valu un décollage plus matinal que prévu. Quand j'ai ouvert la fenêtre du salon pour la première clope, il faisait encore nuit, mais on sentait déjà qu'il allait faire beau. Contrairement à aujourd'hui où le brouillard qui fait de la résistance me permet de déblatérer sans scrupules sur le blog, lundi, il n'y avait aucune excuse pour échapper aux herculéens travaux de jardinage de l'automne ... Ne possédant pas de lampe frontale et étant, dans certaines circonstances, de nature frileuse, je décidai néanmoins d'attendre que le soleil se lève et qu'il réchauffe un peu l'air avant de m'atteler à mes tâches champêtres ...
Il faudra la matinée entière pour que l'astre dissipe toute trace de rosée dans le jardin. Le temps de dévorer "Un homme très recherché". Il y a bien une douzaine d'années que je n'avais ouvert un livre de Le Carré, le dernier devait être "Le directeur de nuit". La savante mécanique de l'intrigue est toujours aussi bien huilée, aucune ficelle ne traîne. On plonge dans les méandres de la basse diplomatie, celle qui n'a rien à faire des longues poignées de mains, des commémorations ni même des traités. On explore avec effroi l'envers du décor, le côté obscur qui manipule et broie. A travers ces complexes et noires circonvolutions, on suit les destins croisés d'un trio de candides : un clandestin tchétchène, son avocate et son banquier pris dans la tourmente de leurs sentiments amoureux et englués dans la toile des barbouzes ... Un savant cocktail de romanesque et d'actualité brûlante comme seul sait les concocter JLC.
Interview de John Le Carré (NouvelObs)
dimanche 25 octobre
Bouton pression
Bercy, qui avait déjà refusé d'entrer au capital des banques auxquelles il avait "prêté" de l'argent, manifeste à nouveau sa réticence à s'ingérer dans les finances des établissements bancaires. "Il n'est pas question de prendre une mesure à caractère national qui plomberait le système bancaire français, qui s'est bien comporté pendant la crise." En effet, nos banques se sont bien comportées. La guérison tient du miracle. Elles qu'on croyait à l'agonie en septembre annoncent des bénéfices en novembre. Mais la FBF est catégorique : les banques vont mieux mais elles ne sont que convalescentes. Impensable donc qu'elles aient à cracher au bassinet, cela ne pourrait qu'affaiblir leur capacité à investir et à financer entreprises et particuliers. Cédant à la menace à peine voilée, Christine Lagarde a annoncé la couleur dès lundi : pour rejeter l'amendement, il faudra appuyer sur le bouton CONTRE.
Pourtant, vendredi, cet amendement qui instaure, pour 2010, une taxe exceptionnelle de 10% sur les bénéfices des banques a été adopté par 44 voix contre 40. Juste retour des choses comme le déclarait président socialiste de la commission des Finances, Didier Migaud : "L'Etat ayant joué le rôle d'assureur de dernier ressort au cours de la crise bancaire de l'automne 2009, il est normal qu'il reçoive la contrepartie de cette couverture exceptionnelle en faveur de l'intérêt général". Cette proposition avait eu des échos favorables au Nouveau Centre et même à l'UMP et, finalement, le résultat du vote n'avait rien de surprenant. Pas pour le gouvernement qui le juge irrecevable. Un député ça doit voter en appuyant sur le bouton prévu. Et, il n'y a pas eu le compte de boutons prévus.
C'est à l'élu UMP Jean-François Lamour qu'est revenue la charge d'endosser le costume de Super-gaffeur pour voler au secours du gouvernement en expliquant avec embarras à France Info qu'il votait pour lui-même et un autre député. Dans la précipitation, il aurait "appuyé sur le mauvais bouton". Une mauvaise touche, cocasse pour un ancien escrimeur. En fait, ça fait deux mauvaises touches pour le maladroit : la sienne et celle de l'absent. Donc, ça fait pile 42/42. Match nul, balle au centre, faut revoter. Le gouvernement invoque "l'erreur technique" et indique qu'il demandera, dès lundi, à l'Assemblée nationale d'annuler cet amendement par un nouveau vote.
J'étais loin de me douter que c'était si compliqué de voter à l'Assemblée Nationale. Naïvement, je pensais que trois boutons suffisaient : POUR - CONTRE - ABST. Sans doute pas, si on prend en compte les intentions de vote, il y a des nuances. Pour son coup double, Lamour a pu utiliser sciemment le POUR comme un bouton pression. Histoire de montrer au gouvernement qu'une majorité n'est pas forcément acquise. Une petite estocade, une toute petite, portée par la droite gaulliste à la droite financière.
mercredi 21 octobre
Pleuvoir en choeur
Le Perpetuum Jazzile, ensemble slovène qui se qualifie lui-même de choeur jazz, a créé un morceau plutôt surprenant. Le genre de musique qu'on connaît bien ici en Bretagne, du genre la-pluie-fait-des-claquettes. Le mieux pour se rendre compte de l'effet est d'écouter d'abord l'extrait sonore sans regarder l'image. On s'y croierait.
Biz à Sergio pour le lien
mardi 20 octobre
Pikouse pour tous
Au premier jour de la campagne de vaccination contre le virus H1N1 pour le personnel hospitalier, premier sur la liste des populations à vacciner, la ministre de la Santé a fait le déplacement à Necker pour une opération : "Vaccinez-vous, il n'y a rien à craindre".
Pas question de répéter le fiasco de la canicule 2003. Cette fois-ci, le gouvernement a décidé de prendre les devants. Sus à la pandémie, on stocke les médocs : 750 000 euros de vaccins commandés à Sanofi, GSK et Novartis. Et si jamais le virus se révèlait n'être qu'un feu de paille, on pourra toujours dire que c'est grâce au souci de prévoyance qu'ont su avoir nos élus. Donc, aux premiers frimas déclencheurs de virus, Roselyne Bachelot intervient pour certifier que "les vaccins sont sûrs". C'est bon, on peut y aller, on démarre les séances pikouses. Optimisme sanitaire que ne partage pas une majorité des français (60 à 65% ne compte pas se faire vacciner) ni même par les médecins (seulement 52% de candidats au vaccin). Pourtant, notre Ministre nous assure que "rien n'indique qu'il y ait des effets secondaires".
Rien n'indique non plus qu'il n'y en aura aucun. Bien que la Ministre affirme le contraire, les tests restent sujets à caution. En effet, les résultats concernant l'innocuité ne devraient pas être connus avant avril 2010. Entre info et intox, difficile de savoir si le danger de pandémie est réel et si le remède proscris est approprié. En tous cas, les firmes pharmaceutiques américaines ont d'ores et déjà pris leurs précautions. Avant que l'on procède aux injections massives, elles ont obtenu l'immunité judicaire et sont désormais protégées contre la menace d’éventuelles poursuites et d’indemnités à payer en cas d’effets indésirables survenant chez des personnes vaccinées contre le virus H1N1. Comme ça, il y aura au moins quelqu'un d'immunisé dans cette histoire.
Comme Barak Obama, Roselyne Bachelot s'engage à se faire vacciner dès le début de la campagne pour le grand public dans une dizaine de jours. Espérons qu'à cette occasion notre ministre saura faire preuve de son habituel enthousiasme pour amener le reste du gouvernement à suivre son exemple. Et, qu'à la sortie d'un conseil des Ministres de novembre, on puisse tous les voir, sur le perron de l'Elysée, manches retroussées, tendant le bras à des infirmières armées de seringues.
lundi 19 octobre
Fils légitime
Le 16 mars 2008, le fils de qui se présentait sous la bannière de l’UMP est arrivé en tête des candidats à l'élection de conseiller général des Hauts de Seine avec 52% des voix. Mais, le fiston a fait nettement moins bien que son prédécesseur, Louis-Charles Barry, qui avait été élu en 2001 avec pas moins de 73% des voix dès le premier tour.
Selon Arnaud de Montebourg qui s'essaie à la petite phrase assassine : "une chèvre pourrait être élue avec l'investiture UMP dans la circonscription de Neuilly". Et qui sait, la biquette aurait peut-être réalisé un meilleur score que celui du fils de. Car le déficit en voix dépasse tout de même les 20%. Certains pourraient y voir un désavoeu, tout au moins l'expression d'un doute. Le fiston a quand même failli laisser filer le fief. Le bastion imprenable depuis 47, depuis A. Peretti dont N. Sarkozy fut le secrétaire particulier. Nicolas devait succéder à Achille et épouser sa nièce (ou peut-être est-ce l'inverse ?), Marie-Dominique, qui devait donner naissance à Jean ...
Ragots mis à part, ce bide est quand même plus préoccupant qu'un accident de scooter pour l'avenir du jeune homme. Il y a de quoi plomber une carrière politique. Ben non ! A l'UMP, on positive. On fait fi du résultat ric-rac : une élection, ça sert d'abord à légitimer. Ce n'est jamais qu'un blanc seing pour le fils légitime.
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