jeudi 31 janvier
Isa in India
Fin décembre, Isa est repartie pour trois longues semaines faire un tour dans le sud de l'Inde. Elle a ramené des images de Mamallapuram, Chennai et Varkala. Des films courts qui donnent une idée de la vie dans le sud de l'Inde.
Celui que je préfère est Cowashing. A Varkala, midi pile, deux gamins lavent leurs vaches dans un marigot de la cocoteraie, tout près de la plage où l'on entend les rouleaux s'écraser.
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Taxi travelling Mamallapuram - (01:30) |
Village de pêcheurs Chennai - (00:47) |
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Marchandes de poissons Mamallapuram - (01:30) |
Concert Music Academy Chennai - (01:27) |
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Chargement du filet Varkala - (02:14) |
Partage de la pêche Varkala - (01:51) |
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Tressage de palmes Varkala - (01:32) |
Varkala - (00:41) |
mercredi 30 janvier
No country for old men
"Into the Wild" et "No country for old men", deux films américains sortis ce mois-ci mettent en scène les grands espaces de leur pays, marquant ainsi un retour au bon vieux temps du western, époque où le mythe de la nouvelle frontière était encore dans les esprits. Après dix ans de Bush à Bush, les nord-américains semblent à la recherche de leurs valeurs perdues ?
Après le superbe film de Sean Penn qui balade son héros du Sud au Nord du pays, les frères Coen situent l'action de leur dernier long métrage près de la frontière désertique entre le Texas et le Mexique. Dans le film de Penn comme dans celui des frères Coen, l'immensité des paysages, leurs splendeurs et leurs rudesses sont le coeur du film.
Pour le jeune comme pour le vieil homme le constat sera cruel : l'un comme l'autre ne sont pas fait pour y vivre. Le rêve américain a comme du plomb dans l'aile.
Ces deux films renouent aussi avec une autre des spécialités du cinéma américain qu'est le road movie. Si le film de Sean Penn retrace de façon un peu trop manichéenne l'histoire vraie du périple initiatique d'un jeune homme, les frères Coen s'inspirent avec justesse du roman noir de Mccarthy, une traque impitoyable, une haletante et sanglante course poursuite.
Le casting de "No country for old men" est audacieux, mais les trois acteurs principaux s'y révèlent brillants et parfaitement complémentaires. Javier Bardem en ange exterminateur dont la froide détermination et la lenteur mesurée des gestes rappellent le cyborg de Mondwest. Josh Brolin, en jeune homme insouciant, est l'archétype du cowboy qu'aurait pu jouer le grand Clint au temps de "Le Bon, la Brute et le Truand". Tommy Lee Jones, parfait, retrouve le flegme et le fatalisme de son personnage de Trois enterrements sous les traits d'un vieux flic désabusé dont la voix off, laconique et lasse, sert remarquablement le texte de Cormac Mccarthy. Mais le film est aussi servi par une pléïade de seconds rôles tous plus vrais que nature, qui, de la gérante obèse du trailer park au douanier vétéran du Vietnam, donnent vie à ce tableau du Sud des Etats-Unis.
Avec "No country for old men", les frères Coen retrouvent le ton et l'esprit de Fargo : un cocktail savamment dosé de violence, d'action, de suspens et d'humour mis en valeur par un sens aigu de la mise en scène.
A ne surtout pas manquer et de préférence sur un grand écran.
Site officiel du film
mardi 29 janvier
Cygnes obscènes
Balade sur la plage du côté de Plovan jusqu'au petit port de Penhors.
Soleil d'hiver qui, en cet fin d'après-midi, devient rasant. La brume montante enfouit l'horizon et rend diffuses les silhouettes des promeneurs. Entre étangs bordés de roseaux secs et océan grondant d'écume nous jouons aux équilibristes sur le cordon de galets.
Dans un des étangs, deux cygnes, animaux pourtant réputés pour leur grâce, nous ont offert un ballet aquatique plutôt cocasse.
lundi 28 janvier
Soeur Mich
Michèle Alliot-Marie est une ministre de l'Intérieur on ne peut plus transparente, et, quand un remaniement ministériel est évoqué (10 contre 1 qu'il aura lieu après les municipales) son nom arrive immanquablement en tête de liste. Est-ce pour cette raison que, sans crier gare, MAM sort de son apathie ? A-t-elle décidée, elle aussi de rejoindre le troupeau de fayots qui entoure la Petite Saucisse ? Comment interpréter autrement son annonce sur les aménagements souhaitables de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l’Etat sinon comme une tentative désespérée de flatter le Nain qui souhaite que cette bon dieu de laïcité devienne enfin "positive" ?
Interrogée sur une éventuelle révision de cette loi, MAM estime en effet que "certaines modalités de la loi de 1905, qui créent des entraves à l’exercice des cultes, doivent être adaptées" et que la séparation entre associations cultuelles et culturelles "mérite sans doute d’être revue". Pour bien comprendre la portée de ces propos, il faut savoir que les associations cultuelles ne peuvent, à l'heure actuelle, recevoir de subventions publiques.
Quand on lui demande si les sectes ne vont pas tenter à cette occasion d’obtenir une reconnaissance de leur caractère cultuel, la ministre répond que "nous avons probablement besoin de repréciser ce que sont les dérives sectaires et leurs qualifications pénales". Les scientologues et autres sectes influentes peuvent se frotter les mains, dans un avenir proche, ils pourront peut-être bénéficier du soutien financier de l'Etat.
Revenant sur le débat autour de la laïcité soulevé par les discours du Nain à Rome puis à Ryad, MAM estime que "certains ont une conception assez archaïque, voire sectaire, de la laïcité". Voici la laïcité affublée de deux nouveaux qualificatifs peu flatteurs : archaïque et sectaire. Et allez donc, la laïcité une secte, pourquoi pas la taxer d'anticonstitutionnelle pendant qu'on y est !
Il est vraiment affligeant de lire ce qu'un ministre mal-aimé du Prince est capable de dire pour conserver son porte-feuille. Soeur Mich, elle, est prête à vendre son âme au Diable.
vendredi 25 janvier
Dialogues de sourds
Le mouvement de grève dans la fonction publique aurait été moins suivi que lors de la précédente journée d'action le 20 novembre, hormis dans l'Education nationale où le mouvement rencontrait un succès comparable avec 34,21% de grévistes (selon le ministère) ou 55% (selon la FSU). 200 000 manifestants selon la police, 400 000 selon les organisateurs ...
Le gouvernement et la droite se sont, comme d'habitude, lamentés sur la prise en otage de la population et sur ses joutes d'un autre temps. On n'a pas l'impression que les revendications des manifestants sur la perte de pouvoir d'achat et les supressions de postes ont été seulement écoutées.
Comme dit Darcos, sans doute les mains sur les oreilles : "Ce n'est qu'un mauvais moment à passer".
Un court moment en effet. Une grève de 24 heures n'a jamais ébranlé un gouvernement. Il n'est même pas sûr qu'une branlée aux municipales les fassent réagir.
Mais ça vaut toujours la peine d'essayer.
jeudi 24 janvier
Quelle était jaune ma mairie
Le service minimum dans l'Education Nationale est instauré aujourd'hui dans les primaires et les maternelles. Il s'agit en fait d'un service de garderie qui sera assuré par les agents municipaux des communes volontaires.
Il faut avoir vu les réactions des élèves quand un enseignant leur annonce qu'il est gréviste : rares sont ceux qui arrivent à réprimer leurs cris de joie. Il y a de fortes probabilités que les mômes ne soient pas ravis de ne pas bénéficier de ce jour de vacance supplémentaire. On souhaite donc bien du courage à ces agents pour occuper les chères têtes blondes, de mauvaise humeur, pendant toute une journée.
On ne peut pas dire qu'on ressent une franche adhésion des maires de France pour cette mesure qui, comme beaucoup d'autres, permet à l'Etat de se défausser de ses responsabilités sur les communes sans vraiment réfléchir aux moyens de les assurer. Seulement 10 % des municipalités françaises, toutes encartées UMP, ont annoncé qu'elles allaient mettre en place un service d'accueil. C'est vraiment un minimum.
Le soutien des élus UMP fait tâche. Je ne connais pas exactement les pourcentages, mais il me semble qu'en France la proportion de maires UMP dépasse largement les 10 %. Beaucoup de municipalités de droite avaient toussé quand le Nain avait annoncé qu'il comptait faire du scrutin des municipales un enjeu national. Lucides, elles ne voulaient pas être associées au bilan douteux du gouvernement. Aujourd'hui, une minorité d'entre elles le soutiennent dans ses mesures démagogiques. Même dans son camp, le Nain est loin de faire l'unanimité.
mercredi 23 janvier
La route
Lundi 17h 30, traditionnel bouchon à Lududu, autoradio calé sur France Info. Le critique littéraire est plus qu'enthousiaste et n'hésite pas à qualifier le livre dont il parle de chef d'oeuvre. Sans déflorer l'intrigue, il en dévoile quelques éléments qui suffisent à me mettre puce à l'oreille puis eau à la bouche. Un père et son fils parcourent les routes d'un monde dévasté il y a plusieurs années par une catastrophe (nucléaire ?). Tout n'est plus qu'obscurité, cendres, pluie, neige et froid. Le père pousse devant eux un caddie qui contient le peu qu'ils possèdent. Les survivants de la catastrophe sont rares et la plupart d'entre eux, retournés à la barbarie, se disputent les maigres réserves qu'il reste encore sur Terre.
Mercredi midi, jour de courses hebdomadaires chez Carrouf. Je pousse aussi un caddie, prêt aux slaloms et aux esquives, avec pour objectif une perte minimale de temps dans le conso-temple. Passage obligatoire devant les DVD, CD et livres. L'époque est aux restrictions, mais je jette malgré tout un oeil aux têtes de gondole. Un bandeau rouge estampillé "Prix Pulitzer" attire mon regard. Le livre est blanc : titre en rouge, nom de l'auteur en noir. Le titre, "La route", me revient tout de suite en mémoire, puis c'est le nom à consonnance écossaise de l'auteur, Cormac MacCarthy, dont j'ignorai qu'il était un écrivain et, qui plus est, un des géants de la littérature nord-américaine. Direct in the caddie.
Mercredi après-midi, pas de preps ni de correcs au programme, je m'autorise une petite sieste littéraire sur canapé. J'y resterai jusqu'au soir à dévorer le livre jusqu'à sa moitié. L'histoire est haletante, d'une beauté terrible, d'une force inouie. On ne peut se détacher de la poignante errance du père et du fils. On les suit pas à pas, mot à mot. On a faim, froid et peur avec eux. Les pages défilent comme le font leurs jours très courts à la recherche de nourriture et leurs interminables nuits glaciales où ils restent tapis dans un abri de fortune.
L'écriture dépouillée est en complète adéquation avec le dénuement de ce monde cauchemardesque. Phrases courtes, économie de signes, le rythme du texte est assuré par les sonorités des mots et leur répétition. Le récit, sans chapitre mais en courts paragraphes, donne au temps une dimension irréelle qui paradoxalement rend crédible cet improbable futur.
Mercredi soir : ciné (magnifique Into the World de Sean Penn), taf-all-the-day le lendemain, je devrais patienter jusqu'au jeudi soir pour retrouver les deux naufragés de fin du monde. Neuf heures et demie, repas, vaisselle, tout est bouclé : back to sofa. Il est une heure du mat quand je referme le livre. Bouleversé par le destin des deux héros, par l'avenir crépusculaire dans lequel j'ai vu notre monde plongé, ébloui par tant de virtuosité.
Road book, roman new age, épopée tragique, thriller haletant, récit visionnaire ... "La route" est un livre unique où s'épousent parfaitement le fonds et la forme. Une totale réussite. Sans doute un chef d'oeuvre. En tous cas, une oeuvre à lire dès que vous aurez un moment.
mardi 22 janvier
Somewhere over the rainbow
"Somewhere over the rainbow" la chanson de Clapton a été reprise par Israel Kamakawiwo`ole pour servir de générique au film "A la recherche de Forrester".
Décédé en 1997, Israel Kamakawiwo`ole dit Bruddah Iz, Bradda IZ ou encore Iz, fut le musicien et chanteur hawaïen le plus connu dans les années 1990. Il dut sa renommée internationale à son medley, Over the Rainbow / What a Wonderful World issu de l'album Facing Future (1993).
Tout au long de sa carrière, il a défendu les droits hawaïens et l'indépendance d'Hawaï, dans ses chansons (dont les paroles faisaient souvent directement référence à l'indépendance) mais aussi dans sa vie de citoyen.
Dans les dernières années de sa vie, Iz devint obèse et dépassa les 340 kg. Hospitalisé de nombreuses fois, il devait décéder le 26 juin 1997, à 38 ans, d'une maladie respiratoire liée à son surpoid. Le jour de ses funérailles, le drapeau hawaïen fut mis en berne. Son corps fut exposé au Capitole d'Honolulu, où plus de 10 000 personnes sont venues lui rendre hommage le premier jour. Ses cendres ont ensuite été dispersées dans l'océan à Makua Beach.
Une grande chanson, quelques accords de gratte, une voix unique, le swing des îles : 3' 38" de pur bonheur.
Biz to Iz, who is now, somewhere over the rainbow.
Biz à Jean-Yves pour le lien
Tablatures et texte (pour ceux qui voudraient s'y essayer)
lundi 21 janvier
La petite saucisse
Anne Roumanoff anime Radio Bistro le dimanche après-midi chez Drucker. Le 6 janvier, sa chronique est consacrée à Nico et Carla : c'est drôle et ça décoiffe.
C'est peut-être pour ça que, quelques jours plus tard, Le Nain a décidé de couper les vivres au service public.
Biz à Jean-Yves pour le lien
Théorème de Lagarde
Lors de ses voeux à la presse, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie et de l'Emploi, a énoncé une loi économique encore inconnue qui si elle est appliquée devrait booster la croissance :
"Si chaque salarié pouvait au début de chaque année décider de travailler une demi-heure de plus chaque semaine, nous rejoindrions en cinq ans la moyenne de la zone euro pour le temps de travail, et nous gagnerions alors un quart à un demi-point de croissance".
30 x 5 = 150 minutes. Presque 3 heures. Et donc, dans 5 ans, une durée de travail à 38 h.
Pour 1/4 de point de croissance, c'est sûr, ça vaut le coup !
Maintenant si on considère la réciproque du théorème de Lagarde : pour obtenir un point de croissance, il faudrait travailler 12 heures de plus au bout de cinq ans. Soit une durée légale du travail portée à 47 heures.
On n'a pas fait mieux depuis Keynes.






































