samedi 16 février
Take a break
vendredi 15 février
Gros menteurs
Aux USA, deux organisations indépendantes, le Center for public Integrity et du Fund for independence in journalism ont étudié l’ensemble des déclarations publiques de George W. Bush mais aussi du vice-président Dick Cheney, de Condoleezza Rice, alors conseillère à la sécurité, de Colin Powell, secrétaire d’Etat à l’époque, de l’ex-secrétaire à la Défense Ronald Rumsfeld et des porte-parole de la Maison Blanche.
Leur étude, intitulée "Faux prétextes", recense qu'au cours des deux années ayant suivi le 11 septembre 2001 "au moins 935 fausses déclarations de hauts responsables de l’administration sur la menace que présentait l’Irak de Saddam Hussein pour la sécurité nationale".
Y a-t-il quelqu'un en France pour comptabiliser les mensonges de notre gouvernement ?
En tout, le disciple suit le maître, mais en matière de fausses déclarations, il se pourrait bien que le petit Nick surpasse Uncle George.
Plus de 935 mensonges en deux ans, sacré challenge pour le Nain Bonimenteur.
jeudi 14 février
Saint Valentin
C'est la fête des fleuristes, des chocolatiers, des bijoutiers, des restaurateurs et des voyagistes. Accessoirement celle des amoureux en mal de cérémonie.
mercredi 13 février
Mission pour Mars
39 %, le Nain atteint la côte d'alerte. Les casseroles continuent de s'empiler : le rapport Attali critiqué par l'UMP, les ministres d'ouverture qui ne filent pas toujours droit, le débarquement du parachuté de Neuilly, des stats catastrophiques, le bling-bling qui agace ... Le second été au pouvoir risque d'être vraiment pourri. A ce rythme là, on peut prévoir un -10 pour la mi-juillet.
Mais parti chercher chaleur et réconfort en Guyane, le Nain a eu une idée grandiose. Le genre d'idée capable de fédérer une nation : la conquête de Mars. La planète rouge !
A Kourou, il s'est risqué à la métaphore scientifique : "Sans être astronome, j'imagine que la Terre vue de Mars ne doit être guère plus grosse que Mars vue de la Terre". Pour un astigmate peut-être mais pour un astronome : Mars est deux fois plus petite que la Terre. Le Nain l'ignore, mais peu lui importe. Question chiffres, il n'est jamais à une approximation près quand il s'agit de les asservir à son propos. Par contre, quand il pousse la métaphore, il dérape carrément dans la 5e dimension : "Pour ceux qui verront la Terre de cette distance, les rivalités nationales et les concours de prestige apparaîtront dérisoires." On aurait pu croire le Matamore inquiet de perdre la mairie dont il fut le premier magistrat. Mais non, il est bien au-dessus de ça. Le Nain revisite les lois de l'astronomie, rêve de conquête spatiale et communique même avec d'hypothétiques martiens.
Il se murmure dans les milieux bien informés que la composition de premier équipage en partance pour Mars serait déjà établie. Rien que des hommes de confiance : David Martinon serait pressenti pour être le commandant en chef de cette mission.
Par contre, à brève échéance (électorale), mars s'annonce plus comme une déroute que comme une conquête.
mardi 12 février
Led Zepp
Sorti en 2003, le dernier album de Led Zeppelin, How the West Was Won, est un triple CD qui rassemble deux concerts joués à deux jours d'écart : Los Angeles Forum (25/07/72) et Long Beach Arena (27/07/72). Ces concerts cloturaient leur huitième tournée américaine. Il aura fallu attendre 5 ans pour que Led Zeppelin se décide à repartir sur les routes. Démarrage de la tournée le 20 avril à Louisville (USA) et débarquement en Europe le 5 mai à Birmingham (UK).
Pour l'édition 2007, c'est le 12 février que Bob2 avait repéré la rumeur Pete Gab aux Charrues. La rumeur s'était finalement vérifiée, Peter Gabriel a donné un excellent concert à Carhaix.
On est le 12 février, Led Zeppelin est libre de contrat à l'époque des Charrues... Je lancerai bien une rumeur pour voir le Zeppelin sur la scène Glenmor en juillet. Il ne vous reste plus qu'à faire du buzz.
Les Vampire Weekend et Cat Power ça serait pas mal non plus ...
Pétition pour un Led Zep World Tour
Biz à Isa pour l'info
lundi 11 février
Photos de classe
Dimanche, on fêtait, entre autres, ma promotion au statut d'ancêtre, chez Nad et JP, dans leur longère paumée dans la superbe campagne de la vallée du Scorff.
Je n'ai jamais réussi à me rendre chez eux sans me perdre parmi le dédale de ribins et de lieux-dits aux noms à coucher dehors. C'est la cambrousse, la vraie. Et comme je suis plutôt citadin, j'arrive toujours bon dernier.
Ce n'est absolument pas le signe d'une sénilité précoce et galopante comme l'ont prétendu certains convives. Mauvaise foi manifeste tant est connu et reconnu, et depuis belle lurette, mon calamiteux sens de l'orientation. Plus d'un égaré sur mes conseils pourra en témoigner.
La frangine et son homme m'ont offert le tee-shirt "tranches de vie" avec en imprimé des photos de bibi à tous âges, du bébé joufflu au quinqua blanchissant en passant par le baba barbu et chevelu. Comme chemise de nuit, il n'y a pas plus mégalo.
La remise de ce trophée a marqué le démarrage de la mise en boîte. Nous avons de très bons spécialistes de cet exercice dans la famille, c'est à vrai dire un sport familial. Par ce magnifique dimanche ensoleillé de février, nombre de mes capacités mentales et physiques ont donc été mises en cause. C'est un des privilèges de l'aîné que de subir les sarcasmes des plus jeunes à chaque anniversaire et de les recevoir comme autant de pudiques marques d'affection.
A l'occasion, Yvette m'a restitué quelques photos qui ont successivement traîné dans les tiroirs de la rue Béranger, de Saint-Pab et de Pont-Piloro. Notamment deux photos de classe datant de la période évoquée dans le post "Sous le pont Mirabeau".
Souvenirs, souvenirs ... 25 sur 28 : à part trois élèves, je suis capable de mettre un nom ou un prénom, parfois les deux, sur la plupart des visages de la 4e1 (1971). Pour la 3e1, je frôle le sans-faute : 27 sur 28.
Nettement blanchissant et (très) légèrement bedonnant, mais pas encore totalement gâteux le néo-ancêtre !
Photo de la classe de 3e1 (1972)
dimanche 10 février
La femme en vert
Cela faisait un bon moment que je n'avais pas lu de polar. Le dernier en date était un Fred Vargas. Mais je l'ai vite laissé tomber, quatre-vingt pages tout au plus. Les ficelles devenaient trop voyantes, le décor avait un gôut de carton pâte et les personnages manquaient vraiment d'étoffe.
Mais il y avait plus longtemps encore que je n'avais dévoré un livre d'une seule traite. Samedi dernier, j'ai remedié aux deux en demeurant captif du canapé six heures durant, littéralement envoûté par "La femme en vert". Un exceptionnel roman noir d'Arnaldur Indridason, qu'émerveillé et ému, j'ai achevé vers deux heures du mat.
Le thème de la mémoire est le fil conducteur de l'intrigue. Elle se déroule au rythme de la lente exhumation d'un squelette par une équipe d'archéologues commissionnée par Erlendur, un policier mélancolique et méticuleux qui remonte le fil du temps jusqu'à la seconde guerre mondiale pour recomposer la destinée d'une femme et ses trois enfants. Terrible mais captivante histoire de cette femme soumise aux violences conjugales de l'homme frustre avec lequel elle vit et qui la détruit à coups de poing, de pied et de mots.
A la manière d'un Mankell qui met en scène Wallander, l'histoire du policier apparaît en filigranne tout au long du récit, l'échec de sa vie conjugale et ses difficultés à tenir son rôle de père. Plus largement, tout au long du roman, Indridason aborde les difficultés de la vie en couple et les dommages collatéraux qu'ils peuvent causer aux enfants. Le constat n'est guère optimiste. Comme l'est d'ailleurs le portrait d'une Reykjavik âpre et froide où, à soixante d'écart, se déroulent intrigue et enquête.
La construction du roman est de facture classique : des histoires parallèles alternent de chapitre en chapitre sur un rythme ternaire puis binaire, toujours haletant, pour s'unir dans un final tragique et surprenant. L'écriture concise et juste d'Arnaldur Indridason révèle de manière crue et poignante les aspects sombres de la nature humaine. Un livre dense qui reste en mémoire tant sont attachants les personnages et bouleversants leurs destins.
C'est avec ravissement qu'hier j'ai découvert chez Ravy que les deux premiers romans d'Arnaldur Indridason avaient été édités en poche et que "L'homme du lac", écrit en 2005, venait d'être édité chez Métaillié.
Perspective de nuits blanches ...
vendredi 08 février
Prrfffll
L'imposture n'aura même pas duré le temps d'une année. Dès le milieu de l'hiver, le phénix de l'été a du plomb dans l'aile. Dans les sondages d'opinion la chute est vertigineuse, peut-être même irréversible, seul El Chi en 95 avait connu pareil désavoeu. Les hebdos prennent le relais : les idôlatres d'hier (le Point, l'Express) se muent en sceptiques acides.
A un mois des municipales, on sent se lever le vent de la panique dans les rangs UMP. Tous sans doute ont conscience que la dégringolade du Nain risque d'entraîner dans son sillage bon nombre de mairies détenues par l'actuelle majorité.
Plus question donc d'optimisme béat ni de solidarité de clan à propos de la politique de rupture et de la force de caractère du Guide, il s'agit maintenant de sauver ce qui peut encore l'être et surtout de ne pas prendre une mémorable fessée de laquelle il serait difficile de se remettre. Raffarin, Accoyer, Debré, Villepin..., la grogne des élus bleus va crescendo. A l'UMP on ne prend plus de gants pour critiquer un gouvernement d'ouverture fait de bric et de broc, l'incompétence des conseillers personnels et le bling-bling clinquant du Matamore. A en croire les sites Internet de Françoise de Panafieu (Paris), Dominique Perben (Lyon), Jean-Claude Gaudin (Marseille) et Alain Juppé (Bordeaux) qui s'abstiennent prudemment d'arborer les couleurs de leur parti : se présenter aux municipales sous la bannière UMP serait synonyme d'échec assuré.
Alors, notre grand communicateur revêt une nouvelle fois son costume de magicien. D'un tour de main dont lui seul est capable, il décide de lever les fonds nécessaires dans les caisses de l'Etat qu'il avait pourtant certifiées vides pour se la jouer syndicaliste à Gandrange en rachetant les pertes de Mr Mittal puis misérabiliste en faisant l'aumone de ses largesses pré-electorales aux retraités.
Si sa propension à faire prendre les vessies pour des lanternes reste intacte, on peut néanmoins observer un changement notable dans le comportement du Matamore depuis le début l'année. Les récentes reculades en ce qui concerne les taxis et les buralistes le confirment : le petit coq volontaire et inflexible a définitivement mué en inconstante girouette. Certes il pérore et bombe toujours autant le torse en accumulant les annonces fracassantes mais c'est pour mieux reculer par Ministre interposé dans les jours qui suivent.
Parmi les électeurs de droite de juin dernier, il y en a certainement plus d'un qui doit avoir l'impression de voir la baudruche se dégonfler.
Un grand prrfffll, et puis s'en va.
mercredi 06 février
Black Lips
Encore des jeunots US qui font du rock qui déménage. Cette fois-ci les kids sont d'Atlanta. Les Black Lips jouent un rock nerveux qui rapellent les Stray Cats ou encore Iggy Pop. Les critiques US en parlent comme un groupe de garage punk, eux se définissent comme un groupe de "Flower Punk".
Il paraît qu'en concert aussi ça remue bien. Les Black Lips sont connus aux États-Unis pour des prestations nues, mais également à base de vomissure, urine, feux d'artifice et autres poulets. Ca crache, ça cogne, ça joue n'importe où (jardin, salon, club, festival) et dans n'importe quelle position. Ces performances leur ont permis de se constituer un noyau dur de fans, voire d'être en passe de devenir un groupe culte.
Biz à DD pour la trouvaille
Black Lips (My.Space.com)
lundi 04 février
Sous le pont Mirabeau ...
Curieux, comme les comptes ronds sont sensés baliser le temps qui passe et comme on se conforme à respecter ces paliers rituels. Le demi-siècle affiché au compteur est pour bientôt. Le passage sur l'autre versant est d'ailleurs pour cette fin de semaine. Et même si la vie va toujours à cent à l'heure, il y a un parfum de bilan qui flotte dans l'air. Il faut dire qu'en ce moment, ma mémoire est pas mal sollicitée par les copains d'avant qui soudain émergent du passé.
Hier, la machine à remonter le temps s'est à nouveau calée sur 1971. C'était l'époque du hand à donf mais il y avait aussi les filles. Il y a toujours eu les filles. Images en rafale du temps où le lycée Amiral Ronarc'h était situé dans une ancienne caserne de pompiers. J'étais alors amoureux éperdu de Dominique D. Ce fut le jour même où elle débarqua dans le bahut en classe de 4e que la foudre me frappa de plein fouet. J'avais treize ans et c'était la quatrième fois que je recevais un tel coup en pleine poitrine. Je n'avais bien sûr tiré aucune leçon des précédents.
Ce n'était pas du à une quelconque carence hormonale, mais, avec les filles, je n'avais pas une âme de prédateur. Je donnais plutôt dans le genre romantique à tendance mélanco-mutique. Un genre qui limite forcément le nombre de conquêtes. A croire que quand il était question d'aimer, l'idée m'intéressait plus que l'acte. Comme ses prédécesseurs, cet amour avait donc, dès le départ, de fortes probabilités de rester à jamais transi. Timide impénitent, j'étais tétanisé comme un lapin dans les pleins phares quand il aurait fallu que je me déclare. Quoi lui dire ? Comment le dire ? Quand ? Où ?
Cela a bien failli arriver un matin d'hiver. Mon père qui bossait à l'Arsenal me déposait toujours très tôt au lycée. J'avais une vingtaine de minutes à tuer avant le début des cours. Quand elle a ouvert la porte, je tentai d'allumer ma Gauloise au poêle qui était supposé réchauffer le préfabriqué qui nous servait de salle de classe. Sa présence a tout de suite empli tout l'espace comme l'envie et la panique qui, simultanément, m'ont envahies. Les mots ne furent sans doute jamais aussi proches mais ils ont refusé de venir jusqu'aux lèvres. Et c'est la panique qui a pris le dessus, déclenchant l'opération survie avec retour dans la carapace. Je sais que, par-dessus tout, dominait la crainte de me prendre un méchant rateau et de voir l'espoir d'elle s'évanouir à jamais. Du coup, je me taisais. Me contentant d'entretenir des rêveries silencieuses dans un jardin secret où, à l'époque, je ne laissais entrer personne.
Huit années ont ainsi passé avec un coeur pavlovien qui battait la chamade dès que je l'apercevais. Huit années à me dire : "Bon ! ça y est, aujourd'hui tu te lances, sans filet, et basta". Mais à part mes regards de beau ténébreux qui voulaient en dire long et quelques maladroites tentatives de lui faire du pied en classe, je n'ai pas entrepris grand chose. J'attendais qu'elle le fasse, persuadé qu'elle savait que je savais qu'elle savait ce que j'éprouvais.
Je crois bien qu'elle a tenté de le faire. Un samedi soir. Au bar le Record. C'était du temps du cliché ci-dessus. N'étant plus ni l'un ni l'autre lycéens, je ne la voyais plus quotidiennement et c'était seulement dans ce rade que je la croisais certains soirs de week-end. Je crois que j'y allais surtout pour ça. Pour la voir. Rien que la voir, en espérant que peut-être, au hasard de la soirée, une ouverture se ferait comme disait JC Duce.
Assis sur un tabouret, j'étais accoudé au comptoir en compagnie d'Hubert quand elle est entrée dans le bar. Comme d'hab, j'ai du feindre la superbe indifférence. Mais cette fois-ci, elle s'est arrêtée à mon niveau. Tsunami dans la poitrine, souffle soudain court, gorge qui se noue, cerveau aux abonnés absents, opération survie imminente. Elle m'a regardé et m'a dit avec un merveilleux sourire : "Alors ! On ne dit plus bonjour ?" Et moi, palpitant à plein régime mais visage résolument impassible, je n'ai su lâcher qu'un "non, en effet" immédiat, sec et définitif.
Maudit sens de la répartie qui fait souvent sortir les mots avant que je ne les pense. Je me suis bien sûr immédiatement traité de gros naze, d'impossible goujat, de lamentable mec. J'ai aussitôt échafaudé mille scénari et stratagèmes pour rattraper le coup. L'ouverture était là, béante. En réalité un gouffre dans lequel je n'ai pas osé m'abandonner. Je suis resté muet, indécrottablement muet. Ce fut, je crois, la dernière fois que j'ai vu Dominique D.
Trente années plus tard, j'ai répondu à son mail. Pour lui avouer, qu'à cette époque, j'avais été raide dingue d'elle.
Cela fait un bout de temps que l'impulsivité a pris le pas sur la timidité. On gagne en franchise ce qu'on perd en tact. J'avoue que je préfère, mais il reste encore pas mal de boulot pour maîtriser cette spontanéité, notamment s'inquiéter de savoir comment elle sera reçue. Quand je repense aux termes du message que j'ai laissé à Dominique D, je me dis qu'ils ont forcément du paraître incongrus et anachroniques, peut-être même inquiétants. Cette fois-ci, c'est sûr, j'aurai mieux fait de la fermer.
Sous le pont Mirabeau










































