lundi 31 mars
Rue de la Pro
Quimper, rue de la Providence, des coeurs fushias s'écaillent sur les murs.
Galerie de Murs (40 photos)
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dimanche 30 mars
Trilogie des jumeaux
Quand on entame "Le grand cahier", on se laisse envoûter par l'écriture naïve de deux enfants. Ce sont les horreurs de la guerre et du totalitarisme qu'ils décrivent et pourtant une sorte de fascination fait que l'on ne peut se détacher de ce premier volet ... Et cela ne fait que commencer car Agota Kristof nous promène entre mensonge et vérité, entre bonheur et horreur tout au long de cette trilogie.
Agota Kristof a quitté son pays natal, la Hongrie, à l'âge de 21 ans au moment de l'invasion soviétique en 1956. Elle vit en Suisse depuis cette date et a utilisé, le français, sa langue adoptive pour écrire cette trilogie. Peut-être est-ce le fait d'écrire dans une langue qui n'est sienne que d'adoption qui donne à cette histoire une dimension tout à fait hors norme, une écriture factuelle et précise, sobre, qui glace complètement les évènements qu'elle dépeint.
Par le regard de deux enfants jumeaux seuls face à leur destin, Agota Kristof nous décrit sans la nommer la chappe de plomb qui s'est abattue sur l'europe centrale avec la seconde guerre mondiale puis le communisme.
"Le grand cahier", "La preuve" et "Le troisième mensonge" sont, tous trois, des livres durs, parfois insoutenables, bouleversants.
Biz à MyAngelX pour le conseil de lecture
samedi 29 mars
Sidaction
L'édition 2008 du Sidaction a débuté, hier, vendredi 28 mars. Pendant trois jours, plus de 4500 bénévoles se mobilisent pour récolter des dons et assurent des animations partout en France.
Selon l'Onusida et l'OMS, environ 33 millions de personnes sont infectées par le virus du Sida dans le monde. Chaque jour, il contamine 6 800 personnes et en tue 5 700. En France, le nombre de nouveaux diagnostics est en légère baisse chaque année mais concerne encore plus de 150 000 personnes.
Sous le thème "l'égalité des chances", le Sidaction permet de récolter des fonds qui seront distribués pour moitié à la recherche et pour l'autre moitié à des programmes de prévention et d'aide aux malades. En 2007, l'association Sidaction avait collecté 5,9 millions d'euros.
Pour faire un don, composez le 110, numéro gratuit et ouvert jusqu'au 11 avril ou par SMS en composant le 33 000 puis en tapant "don". Enfin, vous pouvez également surfer sur le site www.sidaction.org.
vendredi 28 mars
Carla aux enchères
Le voyage présidentiel au Royaume Uni était l'occasion idéale pour amorcer le changement d'image voulu par l'Elysée : basta bling bling welcome prout prout. Les photos du séjour londonien du couple Sarkozy nous ont présenté un Nain amidonné dans son pardessus façon Fanch Mitt et une Carla, classe et sage, en sobre manteau gris (griffé Dior) et coiffé d'un bibi rétro.
Mais c'était sans compter sur la presse populaire britannique qui a préféré braquer ses projecteurs sur Carla plutôt que sur son mari. Les tabloïds anglais sont unanimes : Carla a du chien. Le premier ministre anglais, Gordon Brown, semble d'ailleurs de leur avis. Comme celles de Shimon Peres et Enrico, la bise du Prime Minister était plus fougueuse que protocolaire.
Nul ne résiste au charme de notre first lady.
D'autant plus, que profitant de cette visite officielle, la maison Christie’s a annoncé qu'elle allait mettre une photographie de nu de Carla aux enchères le 10 avril prochain à New York. Ce cliché en noir et blanc du photographe Michel Comte, pris en 1993, représente la jeune femme seins nus et mains jointes dissimulant son intimité ferait référence au tableau Les Poseuses de Seurat. Le portrait de Carla Bruni-Sarkozy est estimé par Christie’s à 2 500 euros.
A trop jouer avec l'image, on finit par en perdre le contrôle. A moins que la Carlamania ne soit destinée à servir d'écran de fumée.
En attendant, Mr Bruni en a profité pour annoncer depuis l'étranger l'envoi de forces françaises en Afghanistan, sans avoir au préalable consulté l'Assemblée Nationale qui n'apprécie que modéremment l'initiative présidentielle.
Carlamania (video Ptite Mule)
jeudi 27 mars
Belle gaffe
Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'a pas eu le nez creux.
Biz à Sergio pour la vidéo
mercredi 26 mars
Redacted
Lion d'argent et prix de la mise en scène au Festival de Venise 2007, "Redacted" est le cri de rage d’un cinéaste révolté par l'auto-censure des médias américains lors conflit irakien. Brian de Palma revient sur un drame atroce délaissé par les médias, celui du viol et du meurtre d'un jeune irakienne de 15 ans par deux GI sans foi ni loi. La loi américaine lui interdisant de réaliser un film à partir de documents bruts, Brian de Palma a choisi de les reproduire le plus fidèlement possible en dirigeant des acteurs inconnus. Pour ce faire le cinéaste a utilisé les médias actuels : caméra numérique du soldat Salazar, futur étudiant en cinéma, documentaire idéaliste de deux voyageurs français, vidéos-blog d'Al Qaeda, vidéo-coms du caporal Mc Coy avec sa famille, plans fixes des caméras de vidéo-surveillance, journalistes et reporter d'une chaîne de TV irakienne dans un montage nerveux et haletant qui vous laisse groggy.
Le faux fabriqué par de Palma a de terribles accents de vérité. Racisme, cruauté, bestialité, complicité, lâcheté : la guerre révèle de l'homme les pires instincts.
Site officiel du film
Critique de Philippe Azoury (Libé.fr)
mardi 25 mars
Indécent angélisme
La Chine a déjà le regard du Monde braqué sur elle et cela ne semble guère émouvoir son gouvernement qui intensifie sa politique répressive au Tibet : 180 morts depuis le début des émeutes (selon le gouvernement tibétain en exil).
Cela n'empêche pas Jacques Rogge, président du CIO, de faire preuve d'un indécent angélisme quand il déclare : "Nous pensons qu'en ouvrant la Chine au regard du monde à travers les 25 000 représentants des médias qui assisteront à la manifestation olympique, le pays changera. Les jeux Olympiques sont une force au service du bien."
Yang Chunlin, un militant chinois, qui avait fait diffuser une lettre ouverte sous le slogan "Nous voulons les droits de l'Homme, pas des jeux Olympiques", a été condamné lundi à cinq ans de prison. Cette pétition avait été signée par plus de 10 000 personnes.
Trois membres de "Reporters sans frontières" ont perturbé la cérémonie d'allumage de la flamme olympique sur le site d'Olympie. Au moment de l'incident, la télévision d'Etat chinoise, qui retransmettait la cérémonie en léger différé, a coupé la scène, diffusant des vues d'Olympie, avant de revenir au discours de M. Liu.
Certains journalistes qui ont essayé de gagner Lhassa par leurs propres moyens rapportent qu'à l'heure actuelle toutes les voies menant au Tibet sont patrouillées par les forces de l'ordre, ce qui rend impossible l'accès à la région pour les journalistes étrangers.
La Chine est la plus grande prison du monde pour les cyberdissidents (61 internautes incarcérés au 01.05.04). C’est également le pays où les technologies d’interception des communications électroniques et de censure du Réseau sont les plus développées grâce notamment à la collaboration de Google, Yahoo et Microsoft.
Autant de faits qui démontrent s'il en est encore besoin que "les forces du bien" n'auront que très peu d'influence sur la politique chinoise en matière de droits de l'homme. Les timides réactions des gouvernements occidentaux qui condamnent du bout des lèvres sans pour autant proférer la moindre menace de sanction n'y feront sans doute guère plus.
Il y a comme un air de déjà vu. Rappelez-vous, c'était en octobre dernier, en Birmanie. La Chine était déjà impliquée dans cette affaire : droits de l'homme bafoués + répression avait été sanglante + pusillanimes réactions internationales. Aujourd'hui, en Birmanie, la chappe de plomb est retombée sans que rien n'ait changé.
Boycott des JO, de la cérémonie d'ouverture, port d'un ruban vert par les sportifs ... Les initiatives de manifestation en faveur des droits de l'Homme en Chine et au Tibet se multiplient. Mais c'est sans doute au moment de la candidature de Pékin aux JO qu'il aurait fallu réagir. Aujourd'hui, les enjeux économiques internationaux sont beaucoup trop importants pour que l'on fasse machine arrière. Et le gouvernement du "plus grand marché du monde" en est bien conscient.
lundi 24 mars
Bacillus thuringiensis
Vendredi dernier, une cinquantaine de faucheurs volontaires ont investi le siège de COOPAGRI de Landerneau pour protester contre la présence de soja OGM dans la nourriture animale.
Il faut en effet savoir que les coopératives bretonnes importent massivement ce type soja pour nourrir bovins, volailles et porcs. 2 000 000 tonnes par an à St Nazaire, 2 000 000 tonnes par an à Lorient et Brest, 500 000 tonnes par an pour les autres ports de l'atlantique. 85% de ces importations sont OGM. L'absence d'étiquetage des aliments issus d'animaux nourris aux OGM (viandes, oeufs, lait, poissons) rendent les citoyens "consommateurs involontaires" d'OGM. Les sondages le confirment : la grande majorité des consommateurs, ne veulent pas d'OGM dans leurs assiettes. La réglementation européenne impose d'indiquer dans la liste des ingrédients figurant sur l'étiquette ceux qui contiennent plus de 0,9 % d'OGM. Mais cette obligation d'étiquetage ne concerne pas les viandes, les volailles, les produits laitiers, les oeufs, les poissons même s'ils sont issus d'animaux ayant consommé des plantes génétiquement modifiées.
En fouillant sur le Net, j'ai découvert la mésaventure arrivée à Gottfried Glöckner éleveur à Wölfersheim en Allemagne. En 1997, adepte des nouvelles technologies qui pourraient accroître sa production laitière, cet éleveur a entrepris de cultiver du maïs Bt-176 (commercialisé par Syngenta déjà impliquée dans le scandale de l'insecticide Paraquat). En 2000, il cultivait 10 hectares de ce maïs pour nourrir son élevage, mais dès 2001, ses vaches commencèrent à souffrir de diarrhée collante grise et blanche, puis ce furent des oedèmes au pis, des dilatations de vaisseaux sanguins qui provoquèrent des éclatements de veine chez certains animaux... En 2005, il aura perdu 135 vaches : 20 ans de travail d'élevage anéantis... Le responsable de cette hécatombe serait la toxine Bacillus thuringiensis (Bt) que des analyses ont mis en évidence dans les organes des animaux, mais aussi dans le lait. D'autres analyses tendraient à prouver que cette toxine est responsable de la montée des réactions allergiques chez les humains.
Mon lait ... issu de de vaches nourries aux OGM (Greenpeace 2005)
Biz à Benett pour l'info
samedi 22 mars
Freizh
C'est le printemps ...
... sur le calendrier.
Car dehors ça pèle, ça souffle et ça giboule comme l'année dernière à la même date.
C'est en remontant par le chemin des Potiers que je suis tombé sur cette affiche fraîchement apposée.
"La freizh plougastellen annonciatrice du printemps". Joli coup de pub signé Savéol, le spécialiste de la culture hors sol qui exploite la gariguette de Plougastel. Double coup de pub d'ailleurs. Car sur le chemin retour, par cette même rue, j'ai pu découvrir qu'il y avait une face B au panneau d'affichage.
20 € le kilo, c'est quand même cher pour une freizh qui n'a qu'un vague goût de fraise.
Premières fraises à Plougastel (TF1)
Histoire de la fraise
Culture hors sol (Natura Vox)
vendredi 21 mars
Esprit de mai es-tu là ?
De l’occupation de la fac de Nanterre par le "mouvement du 22 mars" 1968 dont la figure de proue est Daniel Cohn-Bendit, naît un mouvement de contestation étudiant et de revendications sociales qui donnera naissance à ce que l’Histoire a baptisé "mai 68".
De cette époque, je n'ai que de lointains souvenirs. Montant de l'Arsenal, le bruit régulier des coups de marteaux des métallos qui scandaient les slogans sur le métal des coques en montage dans les bassins de Laninon. Près de l'école, un soir, les tracteurs venus de la campagne environnante distribuer chou-fleurs et artichauts qui débordaient des remorques.
J'avais dix ans, l'été arrivait et l'école était fermée ...
On se gavait de sirop de rue : Donogo, le Ptit Champ, le Tam-tam ... C'était un temps, où, en culottes courtes, nous courions la lande des terrains vagues de la rue Béranger. La Marine, opulent propriétaire terrien, laissait ces champs en friche, sans clôtures, en quelque sorte à notre disposition. Dans ces univers de broussaille, nous tracions nos chemins à travers ronces, fougères, prunelliers et aubépines.
Les utopies n'appartenaient pas encore à une espèce en voie d'extinction. Au contraire, ils en naissaient de nouvelles chaque jour qui pouvaient, comme nous, divaguer à leur gré par les rues et les chemins.
N'en déplaise à Réac le Nain, l'esprit de mai est encore vivace.
Vidéos sur Mai 68 (Dossier INA)








































