lundi 16 juin
Epreuve de philo
Ce matin, c'est l'ouverture du bac. Au programme : l'écrit de philosophie. Paul s'y colle pendant quatre heures. En série L, la philo est coef 7, s'agit donc de ne pas se louper.
Un fer à cheval et une patte de lapin à la main, on croise les doigts en touchant du bois ...
Au XVIIIe siècle, Paul Henri Thiry écrivait "L'homme n'est superstitieux que parce qu'il est craintif, il ne craint que parce qu'il est ignorant."
Dans le cas du Paulo, la superstition est donc inutile et vaine, car pour bosser, le gars a bossé. Allant même jusqu'à faire de la table familiale, une agora où l'apprenti philosophe pouvait éprouver ses théories face à son tchatcheur de père qui a toujours un avis sur tout, même sur Kant, Platon, Socrate et autres Spinoza dont il n'a jamais lu le moindre chapitre.
Pour l'élève Albert Dupontel, par contre, qui pendant onze minutes se débat avec le cas JP Sartre, la superstition est une absolue nécessité. C'est même l'ultime espoir.
Voici les trois sujets de la série littéraire, des sujets plutôt scientifiques :
SUJET 1 : “La perception peut-elle s’éduquer ?” corrigé du sujet 1
SUJET 2 : “Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ?”
SUJET 3 : Texte de Sartre extrait de Cahiers pour une morale.
jeudi 15 mai
Signes de deuil
Dans la traditionnelle opération de brouillage médiatique qui accompagne chaque "réforme" gouvernementale (service minimum, 23 000 enseignants sans élèves ...), le pompon revient sans conteste au comique gouvernemental André Santini. Le secrétaire d'Etat à la fonction publique trouve la grève has been : «Il n’y a pas d’autres moyens de s’exprimer ? Moi je me rappelle une grève chez moi, les gens avaient mis un brassard à la japonaise», a-t-il suggéré mercredi sur BFM, à la veille d'une journée de grève dans la fonction publique pour les effectifs.
Après réflexion, on peut se dire que l'idée n'est peut-être pas si sotte et grenue que ça. Les agents de la Fonction Publique pourraient en effet arborer chaque jour un brassard noir pour porter le deuil des 22.900 suppressions de postes au budget 2008 (et des 35.000 annoncées pour 2009). On pourrait aussi imaginer que l'on plante sur les espaces verts des établissements scolaires des silhouettes noires représentant les 11 200 postes supprimés dans les écoles, collèges et lycées.
Pavé de Mai
Est-il permis aux jeunes d'aujourd'hui d'espérer un avenir meilleur ? La jeunesse peut-elle encore croire qu'en dépavant les rues elle trouvera la plage ? A-t-elle d'ailleurs encore le droit de rêver de plage ou doit-elle se résigner à ne réclamer qu'une simple place, fut-elle petite, dans ce monde où les exclusions règnent ? Malgré ces sombres perspectives, les slogans inspirés sont toujours de mise dans les manifs lycéennes.
En avril 2007, en pleine campagne électorale, Le Nain déclarait qu'il voulait "liquider" l'héritage de mai 68. Ses concitoyens sont loin de partager son avis. En effet, selon un sondage CSA réalisé pour l'Humanité, 78% des Français estiment que la période de mai 68 a été pour la société française une période de progrès social, contre 16% qui y voient une période de déclin. Ce score monte à 90% pour les moins de 30 ans. Pour 62% des français, un mouvement social du même type pourrait se reproduire aujourd'hui, 36% étant d'un avis contraire et 2% ne se prononçant pas.
dimanche 27 avril
Relations avec les parents
Les parents d'élèves sont devenus des consommateurs. Ecoutez ci-dessus un florilège audio des réactions parentales sur un rpondeur de collège. C'est à peine exagéré.
mardi 08 avril
Nul en maths
C'est sur le plateau de Canal +, que le ministre de l'éducation a apporté la preuve qu'il était une véritable bille en maths. Devant le tableau noir, il s'est en effet montré incapable de calculer le prix de 14 stylos en fonction du prix de quatre de ces stylos (c'est sûr, c'était avec des nombres à virgule). Pourtant on pourrait penser qu'un ministre, certes agrégé de lettres classiques, est capable de réussir à résoudre un tel problème même s'il ignore les lois de la proportionnalité et la technique de la règle de trois. Un peu de bon sens aurait du suffire.
Nous fûmes choqués de voir notre ministre bredouillant et penaud. Et on peut se demander comment ce calculophobe est parvenu se faire une idée juste du nombre de postes d'enseignants nécessaires pour encadrer correctement les élèves de France. Les 11 200 postes supprimés seraient-ils le résultat d'une erreur de calcul ? Xavier D. aurait multiplié quand il fallait diviser ? Les lycéens manifestent aujourd'hui et jeudi pour que le nombre de suppressions soit revu à la baisse. Car sur le terrain, c'est déjà une évidence : les régles de proportionnalité n'ont pas été respectées.
Autre chose encore qui laisse sceptique. Comment un type qui panique à l'énoncé d'un problème de math niveau CM, peut-il passer outre l'avis des spécialistes et déclarer préremptoirement que la division doit être abordée dès le CE1 ? Justifiée ou non, on se demande sur quoi repose cette lubie.
L'incompétence est toujours proportionnelle à l'ignorance. D'autres ministres de la Sarko Team nous ont déjà donné l'occasion de le vérifier.
Dossier très complet sur les nouveaux programmes
Règle de trois (lien spécial pour Xavier D.)
jeudi 24 janvier
Quelle était jaune ma mairie
Le service minimum dans l'Education Nationale est instauré aujourd'hui dans les primaires et les maternelles. Il s'agit en fait d'un service de garderie qui sera assuré par les agents municipaux des communes volontaires.
Il faut avoir vu les réactions des élèves quand un enseignant leur annonce qu'il est gréviste : rares sont ceux qui arrivent à réprimer leurs cris de joie. Il y a de fortes probabilités que les mômes ne soient pas ravis de ne pas bénéficier de ce jour de vacance supplémentaire. On souhaite donc bien du courage à ces agents pour occuper les chères têtes blondes, de mauvaise humeur, pendant toute une journée.
On ne peut pas dire qu'on ressent une franche adhésion des maires de France pour cette mesure qui, comme beaucoup d'autres, permet à l'Etat de se défausser de ses responsabilités sur les communes sans vraiment réfléchir aux moyens de les assurer. Seulement 10 % des municipalités françaises, toutes encartées UMP, ont annoncé qu'elles allaient mettre en place un service d'accueil. C'est vraiment un minimum.
Le soutien des élus UMP fait tâche. Je ne connais pas exactement les pourcentages, mais il me semble qu'en France la proportion de maires UMP dépasse largement les 10 %. Beaucoup de municipalités de droite avaient toussé quand le Nain avait annoncé qu'il comptait faire du scrutin des municipales un enjeu national. Lucides, elles ne voulaient pas être associées au bilan douteux du gouvernement. Aujourd'hui, une minorité d'entre elles le soutiennent dans ses mesures démagogiques. Même dans son camp, le Nain est loin de faire l'unanimité.
dimanche 06 janvier
Profil de bon élève
Depuis la rentrée, dans le comté de Seminole (Etats-Unis), les enveloppes contenant les bulletins scolaires trimestriels sont agrémentées de la bille du clown Ronald McDonald et de la promesse d’une gratification en nature : un Happy Meal.
Ce privilège est réservé aux enfants qui auront eu de bonnes notes (A et B), qui n’auront pas été sanctionnés pour indiscipline et qui auront été assidus (pas plus de deux absences dans le trimestre).
Début décembre, les 27 000 enfants de 5 à 11 ans des écoles publiques de ce comté de Floride ont reçu un tel bulletin.
Cela a été l’objet d’un deal entre McDo et les autorités scolaires du comté. McDo prend en charge la fourniture et l'impression des enveloppes des bulletins pour l’année 2007-2008 et en échange le géant du fast-food s'y fait de la pub.
C'est sans doute une idée à creuser pour le cabinet Mars & Co qui vient d'être chargé d'évaluer les performances de la bande du Nain. Un repas au Fouquet's ou un séjour sur un yacht privé pourraient par exemple récompenser les ministres les plus performants.
mercredi 24 octobre
Complètement déconnecté
Invité de l'émission Ripostes diffusée sur France 5, le philosophe Alain Finkielkraut pense avoir trouvé l’origine des maux dont souffre l’Éducation Nationale. Les racines du mal seraient Internet et l’informatique. Le remède préconisé : l'ablation totale.
"L’École a cru pouvoir résoudre un certain nombre de ses problèmes par l’introduction massive d’internet et des ordinateurs, notamment dans les zones d’éducations prioritaires pour ne pas aggraver la fracture numérique (…) Qu’est-ce qu’on dit aujourd’hui ? À force d’être sollicitée par mille choses à la fois, la capacité de concentration des enfants se réduit comme peau de chagrin. La seule solution serait de faire des exercices de grammaires et de débrancher, déconnecter l’école. Ça ne sert strictement à rien ! Internet, les ordinateurs, etc. servent à des gens déjà formés ! Donc on va bazarder l’attention et la concentration au profit d’une adaptation à un futur terrifiant. Si on nous dit que c’est ça, pour l’école, tenir sa propre promesse, je réponds non."
Etonnant de la part d'un penseur de confondre l'outil et l'usage qu'on en fait.
Logique donc, qu'il ne conçoive pas, qu'au contraire, Internet doit être utilisé et même enseigné dans les classes pour permettre aux élèves de se repérer permi ces "mille choses à la fois" afin de leur proposer autre chose que MSN ou YouTube. Mais le penseur a des idées très arrêtées (au milieu du siècle dernier ?) sur l'Ecole. C'est sans doute pourquoi il ne peut percevoir qu'un des rôles primordiaux d'un enseignant est d'apprendre aux élèves à mieux appréhender le monde qui l'entoure par la maîtrise des outils de l'époque.
Désireux sans doute de nous signifier son appartenance à une élite libérée de ces triviales contraintes technologiques, le penseur s'enorgueillit d'être un derniers des mohicans à n'utiliser ni ordinateur, ni portable. Résolument passéiste, il n'hésite pas à annoncer qu'un Monde envahi par les écrans court à sa perte. Dans une logique éditoriale, crier au Grand Satan est certes défendable, d'autres comme P. Rabanne en ont fait leur juteux fond de commerce. D'un point de vue philosophique ou sociologique, ce raisonnement est réducteur, pour ne pas dire simpliste.
En tous cas, une chose est sûre, les intellos ne sont plus ce qu'ils étaient. On pensait plus juste avant les pixels et les mégabits.
Emission Ripostes du 21 octobre
lundi 22 octobre
L'esprit de la lettre
Parmi ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades
Vous êtes tous trois enfermés
Mais patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage
Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme
Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme
Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice.
Guy Krivopissko, conservateur du Musée de la Résistance nationale, a publié "La vie à en mourir, Lettres de fusillés 1941-1944", recueil de lettres d’adieu des fusillés de la Résistance. Il recommande la lecture du poème saisi sur Guy Môquet le jour de son arrestation pour comprendre ces jeunes qui sont entrés en résistance.
Henri Guaino, principal conseiller de Sarkozy, qui lui ne comprend pas pourquoi certains professeurs refusent de lire la lettre de Guy Môquet à leurs élèves, admet que le texte original a été modifié (le mot "camarade" remplacé par "compagnon"). "Je n’ai découvert cet intitulé qu’après coup. Quelqu’un a dû penser que «camarade», ça faisait ringard. C’est aussi bête que de gommer les cigarettes sur les vieilles photos. Mais est-ce si grave ? A force de se scandaliser de tout, on finit par ne plus savoir ce qui est important". A croire que Guaino n'a jamais entendu parler du communisme.
Et sait-il que la vérité historique est une chose importante à communiquer aux élèves et qu'on ne peut dénaturer un texte selon ses besoins.
La lettre de Guy Môquet
La position du SNES
jeudi 06 septembre
Jules Sarko
"C'est la première fois que le président de la République écrit aux enseignants pour leur dire ce que la nation attend d'eux. Pour moi, l'éducation est le sujet le plus important de la politique" a expliqué l'Omniprésident.
Un fascicule de 32 pages, écrit en gros caractères, sera tiré à un million d'exemplaires et distribué aux personnels de l'éducation nationale pour leur transmettre la bonne parole.
Quand on entend le chef de l'état comparer son courrier pavé d'évidences et de lieux communs à celui qu'avait adressé jadis Jules Ferry aux instituteurs, on peut se demander s'il ne s'est en effet pas trompé d'époque. Car les solutions qu'il préconise, notamment le retour de la sélection aux entrées en sixième et en seconde, ne sont vraiment pas adaptées aux problèmes de l'école d'aujourd'hui.
En tous cas, les premières mesures prises par le gouvernement (réduction des heures dues aux élèves - suppression de 11 000 postes d'enseignants) tendent à démontrer que ce texte n'est qu'une opération de com de plus et que seules les économies budgétaires motiveront les réformes sur l'Ecole.









































