Google Fight
Google a mis en ligne un programme qui permet de comparer la popularité de deux mots. Le principe est simple : deux compteurs parallèles permettent à GoogleFight de comptabiliser pour chaque mot le nombre de pages le contenant dans la base de données du moteur de recherche. Il est évidemment tentant d'utiliser l'outil pour quelques duels. Femme/homme, argent/bonheur, Verlaine/Rimbaud, Chealsea/Barcelone, fromage/dessert, voile/vapeur, noir/blanc, lambda/epsilon ... j'y ai passé une bonne demi-heure. Campagne présidentielle oblige, j'ai organisé un sondage express (03/01/07) sur la présence Web des candidats à l'élection.
Résultats des affrontements : Ségolène Royal remporte son duel contre Nicolas Sarkozy, mais la marge n'est pas énorme (2 450 000 contre 2 380 000). Par contre, si on tape Ségo/Sarko, le résultat s'inverse nettement (1 260 000 contre 3 030 000). Quant à l'opposition Sarkozy/Royal, elle donne un avantage disproportionné à la seconde nommée (13 300 000 contre 207 000 000). Pour Ségolène, Google a en effet additionné les pages contenant l'adjectif royal à celles contenant le patronyme de la candidate.
Nobody's perfect, Google ne possède pas encore toutes les subtilités de la langue et, dans certains cas, le moteur à des ratés qui faussent les scores. Ainsi l'existence d'un nom commun identique au nom propre (Royal et Buffet), les orthographes multiples pour Arlette Laguilliers/Laguillers/Laguiliers, les homonymies pour Hulot (J.Tati) et Buffet (Bernard le peintre), De Villiers (l'auteur de SAS) ne sont pas identifiées par Google. Le champion sortant, Chirac, qui arrive largement en tête (16 900 000), Le Pen (4 380 000), Bayrou (2 450 000), Voynet (1 060 000), Besancenot (999 000) sont les seuls dont les mesures apparaissent recevables.
Blogs, vidéos, forums, broadcasts, le "vu sur le Web" à la côte auprès des politiques et des journalistes. A tort ou à raison, Internet est considéré comme le vecteur idéal de la démocratie participative, le média miracle qui va restaurer le débat citoyen. Le taux de fréquentation des sites des politiques est déjà utilisé comme argument de campagne. Peut-on imaginer qu'il en ira de même avec l'indice GoogleFight qui pourrait ainsi devenir l'audiomat de la campagne présidentielle ?
A taux d'erreur et panels comparés, un GoogleFight vaut-il un sondage d'opinions ?


