Otages
Comme en 1995, comme en 2003, le gouvernement a décidé de rester sourd aux demandes de négociations. A l'approche de Noël, la bande du Nain mise sur le pourrissement quitte à plonger le pays dans un marasme qu'elle s'empresse de condamner.
Pour désigner les coupables, Le Nain peut compter sur le soutien sans faille des médias audio-visuels. Aujourd'hui, à croire qu'ils s'étaient donnés le mot, nombre de journalistes mis en exergue la phrase de Thorez (il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue), mais en omettant la plupart du temps la seconde partie de la citation. Consciemment ou non, les principaux médias ne cessent de relayer l'emphase sémantique du pouvoir. A coups de micro-trottoirs et d'antenne libre, on victimise, on dramatise, on stigmatise. Les usagers deviennent alors les "otages" de grévistes sans foi ni loi qu'accrochent à des privilèges obsolètes. L'enjeu des conflits, l'absence de concertation et de négociation passent au second plan.
Toujours la même recette simpliste : on jette l'anathème sur des boucs émissaires, on dresse un groupe contre un autre. Comme quand les étudiants soucieux de reprendre les cours appplaudissent aux violences policières dont étaient victimes leurs congénères qui occupaient les facs.
Par contre, on ne voit guère le Matamore, celui qui libère les otages en deux coups de cuiller à pot aux quatre coins du Globe. Il a là une occasion de briller, d'en libérer des tas, plusieurs millions d'un coup si on en croit Elkabach et consort ...
Justifiés ou non, les mouvements de grève qui secouent le pays depuis plus d'un mois sont le signe d'un profond mécontentement de la population. La mobilisation des fonctionnaires qui risque d'être forte en apportera encore la preuve.
Voilà sept jours que l'Omniprésent n'a pas roulé des mécaniques et lancé quelque rodomontade ... Trop risqué sans doute.
