Mon bio sapin
Projets de construction d'autoroute, réduction de services de fret à la SNCF, compensations financières pour le transport routier, appel au développement du trafic aérien low cost : on ne peut pas dire que les récentes mesures du gouvernement en matière de transport aillent vraiment dans le sens qu'avait indiqué le Grenelle de l'environnement.
Les associations écologiques, un temps séduites par l'usine à gaz Borloo, semblent se rendre compte que la grande messe écolo de l'automne n'était qu'un show de plus du Sarkocircus. Un os qu'on leur a donné à ronger pendant que le Nain revêtait son habit vert pour s'en aller porter la bonne parole de par le Monde.
Face à la montée des critiques, l'Elysée a bien sûr réagi en prenant une mesure radicale pour l'environnement. En effet, cette année, la cour d'honneur du Palais présidentiel se voit ornée d'un sapin de Noël estampillé "bio" en provenance directe du Morvan (à dos d'âne, sans doute). C'est David Martinon, le porte-boniment de l'Elysée qui l'a annoncé, en précisant que cet arbre n'avait subi aucun traitement chimique, qu'il sera bien évidemment décoré avec des ampoules à basse consommation et qu'il terminera sa vie vers la mi-janvier sous forme de déchets verts compostés (compost de résineux = bof).
Après le rose bonbon de l'idylle Carla B, voici le retour du vert écolo. Les conseillers en com ne savent plus quoi inventer pour masquer les insuffisances d'un gouvernement qui n'a de cesse d'ouvrir des dossiers, de créer des commissions qu'il réunit autour de tables rondes afin qu'elles pondent leurs rapports ... On instaure alors à la va-vite quelques taxes, amendes et pastilles, on fixe des "feuilles de route". Mais, au bout du compte, une fois l'effet d'com passé, tout est laissé en jachère. La mémoire collective est courte et les médias sont invités à ne pas la raviver.
Pêcheurs, fonctionnaires, environnement, universités, valorisation du métier d'enseignant, réforme des institutions, relance de la croissance : les ouvertures de "chantiers" sont légion mais les solutions trouvées restent anecdotiques. Le pays sombre dans la crise mais peu importe, car cette tactique présente le double avantage de créer des écrans de fumée tout en réduisant à néant une opposition moribonde en débauchant ses responsables trop heureux sans doute d'avoir encore une existence politique.
De Gaulle, grand démago devant l'éternel, appelait ça les comités Théodule.