Citizen lambda
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20 octobre 2009

Pikouse pour tous

Au premier jour de la campagne de vaccination contre le virus H1N1 pour le personnel hospitalier, premier sur la liste des populations à vacciner, la ministre de la Santé a fait le déplacement à Necker pour une opération : "Vaccinez-vous, il n'y a rien à craindre".

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Pas question de répéter le fiasco de la canicule 2003. Cette fois-ci, le gouvernement a décidé de prendre les devants. Sus à la pandémie, on stocke les médocs : 750 000 euros de vaccins commandés à Sanofi, GSK et Novartis. Et si jamais le virus se révèlait n'être qu'un feu de paille, on pourra toujours dire que c'est grâce au souci de prévoyance qu'ont su avoir nos élus. Donc, aux premiers frimas déclencheurs de virus, Roselyne Bachelot intervient pour certifier que "les vaccins sont sûrs". C'est bon, on peut y aller, on démarre les séances pikouses. Optimisme sanitaire que ne partage pas une majorité des français (60 à 65% ne compte pas se faire vacciner) ni même par les médecins (seulement 52% de candidats au vaccin). Pourtant, notre Ministre nous assure que "rien n'indique qu'il y ait des effets secondaires".

Rien n'indique non plus qu'il n'y en aura aucun. Bien que la Ministre affirme le contraire, les tests restent sujets à caution. En effet, les résultats concernant l'innocuité ne devraient pas être connus avant avril 2010. Entre info et intox, difficile de savoir si le danger de pandémie est réel et si le remède proscris est approprié. En tous cas, les firmes pharmaceutiques américaines ont d'ores et déjà pris leurs précautions. Avant que l'on procède aux injections massives, elles ont obtenu l'immunité judicaire et sont désormais protégées contre la menace d’éventuelles poursuites et d’indemnités à payer en cas d’effets indésirables survenant chez des personnes vaccinées contre le virus H1N1. Comme ça, il y aura au moins quelqu'un d'immunisé dans cette histoire.

Comme Barak Obama, Roselyne Bachelot s'engage à se faire vacciner dès le début de la campagne pour le grand public dans une dizaine de jours. Espérons qu'à cette occasion notre ministre saura faire preuve de son habituel enthousiasme pour amener le reste du gouvernement à suivre son exemple. Et, qu'à la sortie d'un conseil des Ministres de novembre, on puisse tous les voir, sur le perron de l'Elysée, manches retroussées, tendant le bras à des infirmières armées de seringues.

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