Citizen lambda
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8 octobre 2010

Sukkwan Island

En lisant "Sukkwan Island", le premier roman de David Vann traduit en français, on pense bien sûr à "la Route" de Mc Carthy et aussi à "Into the Wild" de Krakauer. Mais c'est surtout le très beau film d'Andreï Zviaguintsev, "Le retour", que ce roman m'a remis en mémoire. Une histoire de père et de fils ...

sukkwan

Ce roman court (200 pages), composé en deux parties, est écrit dans un style direct et dépouillé qui n'est pas sans rappeler celui de Cormac Mc Carthy. Un père et son fils partent vivre une année dans le sud de l'Alaska dans une petite cabane perdue sur une île déserte et désolée ...

Dans la première partie, le retour à la nature qui devait être une rédemption pour le père tourne vite au cauchemar. N'est pas Jeremiah Johnson qui veut. Et, si au début du roman, on peut s'amuser de l'inexpérience et du manque de sens pratique du père, très vite, de mésaventure en mésaventure, l'angoisse monte au fil des phrases. On dévore alors les lignes, en pressentant l'inéluctable drame. Il arrive à la page 113. Imprévisible et soudain. Un vrai coup de poing dans l'estomac qui vous laisse souffle coupé. Et là, on sait qu'on ne lâchera pas le livre avant d'avoir lu le dernier mot.

Errance, impuissance, désespoir, déchéance, lâcheté, folie ... La deuxième partie du livre nous entraîne dans les tréfonds de l'âme humaine que David Vann dissèque sans concessions. Aurait-il des comptes filiaux à régler ?

Noir, captivant, écoeurant et cruel. Encore un livre pour nuit blanche.

Biz à MyAngelX pour le prêt de bouquin

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