Récolte d'essaim
Hier, alors que je prenais mon cliché du jour, j'avais constaté
que le taux de butineuses dans la glycine était anormalement élevé.
J'avais hativement conclu que cette profusion d'hyménoptères était due
à l'abondance de grappes parme et au fort parfum qui s'en dégageait.
C'est en cherchant le nid des rouges-gorges dans la haie de fusain
que je devais découvrir l'explication de cette inhabituelle affluence.
De la haie qui jouxte la glycine s'échappait un puissant vrombissement,
celui de centaines d'abeilles qui avaient décidé d'essaimer dans mon jardin.
Malgré le souvenir tenace et cuisant d'une piqûre d'abeille dans mon enfance,
je pris quelques rapides clichés, à distance raisonnable, avant de composer le 18.
Hélas, le pompier de service m'apprit qu'il ne pouvait absolument rien pour moi :
les abeilles étant protégées, il était hors de question de détruire l'essaim.
Mon interlocuteur se montra compatissant et me mit en contact avec un apiculteur
qui vint aussitôt récupérer l'essaim dont la valeur avoisine tout de même les 100 €.
La technique de capture qui me parut rudimentaire allait pourtant se révéler efficace.
Secouer vigoureusement la branche pour récupérer l'essaim dans une boîte en carton
puis transvaser l'essentiel du magma bourdonnant dans une ruche provisoire.
Si par bonheur la reine se trouve parmi les captives,
l'essaim la rejoindra très vite grâce à la com par phéromones.
Et nous eûmes de la chance, car une fois le soleil couché
toutes les butineuses avait regagné leur nouveau bercail.
Ce n'est pas toujours le cas, l'apiculteur m'a en effet raconté
qu'il avait déjà du s'y reprendre quatre fois pour récupérer
un essaim situé en haut d'un arbre de haute futaie.
Et le tout sans échelle ! devait-il me préciser.
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