Citizen lambda
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3 septembre 2011

Hors des sentiers battus

Voûte sous les rhodos

Le large chemin qui descend vers l'Odet

aboutit très vite à un embranchement.

Sur la gauche, part une avenue en terre battue

d'où nous parviennent des voix de promeneurs.

Vers l'aval, à travers les hauts roseaux,

une sente semble longer le rivage marécageux.

On n'a pas vraiment les pompes adéquates 

mais on choisit pourtant d'emprunter ce dernier.

Le chemin mal entretenu porte encore

les stigmates de la tempête de 1995.

D'énormes troncs barrent la voie

que la broussaille envahit souvent.

On se courbe sous de basses voûtes

de rhodendrons qu'on on se promet

de revenir voir la floraison venue.

On débouche sur une anse abandonnée

où des corps-morts pourrissent dans la vase.

On fume un clope sur un banc vermoulu

en essayant d'estimer notre position.

Au demi-tour forcément aléatoire

on préfère tenter le bouclage de boucle.

On arrive très vite devant un pavillon rococo,

sans doute le cabanon de pêche

d'un des manoirs dont le coin est truffé.

Et, en effet, en haut d'une prairie qui

descend en pente douce vers la rivière,

on découvre une imposante batîsse en pierres

dont les volets sont déjà clos pour l'hiver.

C'est sans doute le bruit nos pas qui maintenant crissent

sur le gravillon de l'allée qui semble mener vers la sortie

qui auront alerté le berger allemand 

qui surgit devant nous en aboyant.

Un bras levé suffit à arrêter la course de la bête

qui reste toutefois méfiante à quelques pas de nous,

le temps qu'arrive, sans se presser, son maître

dont l'accueil se révèle glacial.

Nous sommes bien sur une propriété privée 

comme l'est toute la presqu'île que nous avons longée.

L'homme qui doit être le gardien des lieux

se dégèlera un peu en nous raccompagnant

à notre point de départ qui étonnement

se trouvait à cinquante de mètres de là.

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