Hors des sentiers battus
Le large chemin qui descend vers l'Odet
aboutit très vite à un embranchement.
Sur la gauche, part une avenue en terre battue
d'où nous parviennent des voix de promeneurs.
Vers l'aval, à travers les hauts roseaux,
une sente semble longer le rivage marécageux.
On n'a pas vraiment les pompes adéquates
mais on choisit pourtant d'emprunter ce dernier.
Le chemin mal entretenu porte encore
les stigmates de la tempête de 1995.
D'énormes troncs barrent la voie
que la broussaille envahit souvent.
On se courbe sous de basses voûtes
de rhodendrons qu'on on se promet
de revenir voir la floraison venue.
On débouche sur une anse abandonnée
où des corps-morts pourrissent dans la vase.
On fume un clope sur un banc vermoulu
en essayant d'estimer notre position.
Au demi-tour forcément aléatoire
on préfère tenter le bouclage de boucle.
On arrive très vite devant un pavillon rococo,
sans doute le cabanon de pêche
d'un des manoirs dont le coin est truffé.
Et, en effet, en haut d'une prairie qui
descend en pente douce vers la rivière,
on découvre une imposante batîsse en pierres
dont les volets sont déjà clos pour l'hiver.
C'est sans doute le bruit nos pas qui maintenant crissent
sur le gravillon de l'allée qui semble mener vers la sortie
qui auront alerté le berger allemand
qui surgit devant nous en aboyant.
Un bras levé suffit à arrêter la course de la bête
qui reste toutefois méfiante à quelques pas de nous,
le temps qu'arrive, sans se presser, son maître
dont l'accueil se révèle glacial.
Nous sommes bien sur une propriété privée
comme l'est toute la presqu'île que nous avons longée.
L'homme qui doit être le gardien des lieux
se dégèlera un peu en nous raccompagnant
à notre point de départ qui étonnement
se trouvait à cinquante de mètres de là.
- Photo en grand format sur One Day One Shot
