Pandore attitude
Depuis une semaine, la rue de la Tour est bloquée à la circulation
grâce à une barrière mobile dressée devant ma porte d'entrée.
Outre qu'elle m'offre enfin un stationnement sécure dans la rue,
comme elle barre la voie de part en part, j'ai un temps espéré
que l'habituelle artère passante se muerait en paisible impasse.
C'était méconnaître l'opiniâtreté automobile en matière d'itinéraire.
Dans ce cas, les sens interdits deviennent des portes de slalom
jusqu'à l'arrivée à la barrière où les stratégies divergent :
soit savant demi-tour, soit passage à cheval sur le trottoir.
Comme cela se pratique bien entendu dans les deux sens,
on a droit pendant la journée à de magnifiques méli-mélos.
Mais, dès les ouvriers partis, il y en a toujours un ou une
qui s'arrête pour restituer aux piétons leur territoire naturel
et libérer le passage aux habitués du raccourci vers Ergué.
Cédant à l'esprit pandore qui sommeille en moi,
je me suis dissimulé derrière la haie de fusain
pour mitrailler les contrevenants en puissance
comme cette 307 grise parquée en zone interdite.
