Budain de rhube
V'là c'que c'est que de faire le kakou dehors à pas d'heure !
On se chope le premier coryza qui passe dans le secteur.
Et celui-là, c'est un mastard, un trapu, un solide, un vif
qui démarre par des symphonies d'éternuements,
embraye en faisant tousser sec comme un roquet,
puis enserre le crâne dans de puissants serre-joints
juste avant de transformer les naseaux en fontaine.
J'épuise très vite le stock de mouchoirs papier
et dois donc me rabattre sur le rouleau de PQ
que je vais finir par devoir porter en sautoir
tant le besoin de me moucher est constant.
Quand j'évalue le tas de déchets morveux
je me dis que j'exagère dans le gaspi.
Depuis lundi, j'ai du facilement
consommer tout un arbre.
Mais je n'ai pas envie de retrouver
la réminiscence humide et poisseuse
du mouchoir en roulé boule qu'on extirpait
du fin fond de la poche de la culotte courte.
Alors samedi, si ça va mieux,
je plante un arbre.
