Bain de jouvence
Photo d'hier pour une plongée dans le passé.
Une virée en caisse par les quartiers si connus.
Un road movie perso entre rades, piaules et bahuts.
Saint-Marc, Kérich, Saint-Martin, le nid d'aigle rue Dupéré,
rue JeanJau no caisse allowed, le tram est là, donc Yves Collet,
coup d'oeil à la fenêtre de la chambre chez Main face au Foyer du Marin,
place Wilson, son kiosque, le Coemédia à l'abandon, l'école de musique et de l'ennui,
le château militaire, les feux toujours rouges, les bars du bas de Siam où l'on n'allait jamais,
le pont qui fit tant flipper avec à droite, sous la prison, la bâtisse blanche où bossait le paternel,
Recou, la rue de la Porte, porte Caffarelli, la Corniche et les grilles de l'Arsenal, au loin la rade,
la rue Surcouff qui grimpe à pic, Kérangoff le craignos en surplomb, mon école qui a viré Diwan !
Je traverse la ville, nav sur automatique, au fil des flash-backs enfouis,
jusqu'à la rue de l'enfance où les maisons des copains s'égrènent.
Deux à l'heure devant le 37 où désormais résident de parfaits inconnus
mais dont la porte d'entrée en bois verni est restée inchangée.
En haut de la rue, après chez Carlo, un souvenir sonore me happe :
les appels de ma mère, le soir, juste après la sirène de six heures cinq,
lancés pour rapatrier sa marmaille avant l'apparition du père en bas de la rue.
