L'ombre du vent
Les goûts littéraires de MyAngelX sont aussi sûrs que son coup de ciseau. Aussi, quand il m'a assuré que le livre qu'il venait de terminer était, sans conteste, le meilleur qu'il avait lu cette année, j'ai décidé d'attendre le moment propice pour m'y plonger. La semaine de Toussaint en Catalogne, tout près de l'endroit où se déroule le roman, était l'occasion rêvée. Sûrement parce que le temps se distend et que l'esprit peut se libérer des contraintes du quotidien, les romans lus en voyage ont toujours une saveur particulière qui reste longtemps empreinte dans la mémoire.
Avec pour toile de fond la Ville des Prodiges en pleine guerre civile qui révèle les cruautés, les bassesses mais aussi la bonté des êtres, l'histoire rocambolesque, que n'aurait reniée ni Leroux, ni Dumas, mêle deux intrigues qui tiennent en haleine pendant plus de 600 pages.
La langue belle, riche et savoureuse de Carlos Ruiz Zafon donne chair et vie à une multitude de personnages, père, amis, amantes, voisins qui entourent les deux héros, deux adolescents qui, d'émois en peines, vont faire l'apprentissage de la vie.
Impossible, au détour d'un chapitre, de ne pas faire une pause pour se laisser envahir par ses propres souvenirs. Impossible aussi, une fois la dernière page lue de ne pas éprouver de la peine, comme si un ami cher vous avait quitté.
C'est exactement ce qu'a ressenti Ronan qui, le même jour, a lui aussi terminé sa vorace lecture des Reliques de la Mort.
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