Whatever Works
Boris Yellnikoff (Larry David) est un génie de la physique qui a raté son mariage, son prix Nobel et même son suicide. Ce brillant misanthrope aux tendances nihilistes vit seul, jusqu’au soir où il trouve devant sa porte, Melody (Evan Rachel Wood), une jeune fugueuse affamée et transie de froid ...
Revenu de ses quatre années d'exil européen où il a tourné Matchpoint, Rêve de Cassandre et Vicky Cristina Barcelona, Woody Allen est de retour à New York pour sa livraison 2009. Et le retour au bercail est plutôt réussi.
Dans son rôle de génie misanthrope, parano et hypocondriaque, Larry David, véritable clone de Woody, se surpasse dans la caricature. Comme à la bonne époque du cinéma muet, l'acteur nous régale dans le registre burlesque mais sans pour autant en faire trop. C'est le savant dosage qu'a réussi W. Allen dans Whatever Works : donner dans la surenchère mais avec légèreté et finesse. Evan Rachel Wood s’empare avec un naturel déconcertant de son rôle de naïve "blonde" qui prend tout au premier degré. Les deux protagonistes, comme les personnages de leur entourage, ont ce petit côté à la fois attachant et exaspérant qui provoque la plupart des situations hilarantes. Et il y en a !
Le scénario trépidant se révèle très vite totalement invraisemblable : improbable mutation des parents réacs et cul bénis de Melody en chébrans new-yorkais. L'effet Obama peut-être. Pourtant, véritable hymne à la tolérance, le petit dernier de Woody n’a rien vraiment du navet sans queue ni tête. Profond par moment, il explose de bonne humeur et d’humour sans crier gare, comme dans la scène du suicide de Boris où on passe de l'effroi au rire en quelques secondes. Sans compter qu’il est porté par des acteurs épatants et filmé par une caméra complice qui prend le spectateur à témoin. A voir absolument si on aime l’originalité et l’anticonformisme (les républicains, les croyants et les imbéciles en prennent plein leur grade) et surtout l'humour.
Un W. Allen de bon cru qui fait travailler les zygomatiques.