vendredi 30 novembre
Preuve de vie
Le gouvernement colombien a diffusé vendredi à l'aube une vidéo datant du 24 octobre qui montre Ingrid Betancourt prostrée et enchaînée dans un coin de jungle. Le document a été obtenu par les autorités de Bogota en capturant des guérilleros des Farc.
Les enlèvements de personnes sont inadmissibles. Aucune cause, fut-elle juste, ne les justifie.
"La preuve de vie d´Ingrid Betancourt obtenue par les autorités colombiennes est une grande nouvelle. Nous allons l'examiner avec attention", a déclaré David Martinon. "C'est un premier pas important", mais le président Nicolas Sarkozy "reste déterminé à obtenir la libération de tous les otages", a-t-il poursuivi.
La récupération politique d'une libération d'otage, comme celle de Reagan en Iran en 1980, est tout aussi inadmissible que l'enlèvement. Aucune crise politique, aussi grave soit-elle, ne pourrait la justifier.
Au boulot
Super costard, magnifique chronographe, excellent point de regard, texte appris sur le bout des doigts avec mots clefs placés aux bons moments, univers politique bien marqué, la soupe servie comme il faut. Volontarisme forcené, indignations outrées, rhétorique de maquignon qui utilise volontiers l'apitoiement et la flatterie, énergie débordante et à vrai dire suspecte. Le décor et le personnage étaient bien en place. Carottes et bâtons : toutes les ficelles ont été soigneusement tirées.
Pourtant le savoir-faire médiatique du Nain commence à lasser sérieusement l'opinion. La mayonnaise ne prend plus.
Ce n'est pas moi qui le dit mais le Figaro qui annonce que : "Cette fois, l’état de grâce a bel et bien pris fin". Dans le baromètre Sofres/Figaro Magazine de décembre, l'Omniprésent passe pour la première fois sous la barre des 50% dans la confiance des Français, rejoignant le premier ministre François Fillon qui se trouvait déjà sous cette barre symbolique...
Il va falloir plus que des mots. Car même si le Nain a balayé d'un revers de la manche les conflits sociaux en accordant un bon point aux syndicats, le malaise est réel dans le pays. Plus de travail comme unique solution à tous les maux sociaux. C'est la rengaine que le Nain nous sert depuis six mois. C'est un peu court ...
jeudi 29 novembre
Briser la glace
Mardi soir, après la soirée au DD Stadium, coucher raisonnable vers une heure du mat. Morphée m'ouvre ses bras sans attendre, je glisse presqu'aussitôt allongé vers un sommeil tranquille. Les dernières pensées s'évanouissent, quand, dans le lointain, je perçois un bip qui s'impatiente. No problemo, c'est le lave-vaisselle qui annonce la fin de son cycle. Il couinera encore une fois ou deux en pure perte : pas question de quitter le pieu, demain c'est credi et le lever est prévu avant l'aurore. J'ai à peine le temps d'oublier cet agaçant signal qu'une autre sonnerie retentit, deux longs coups nettement plus sonores. Le temps de l'identifier qu'elle se fait déjà plus impétueuse. Flûte, zut et bordel à queues, c'est la porte d'entrée. Pas de bol : je suis l'homme de la maison, les intrusions inopinées en pleine nuit sont de mon domaine. Lever robotique, habillage sommaire tandis que les interrogations affluent : un pote en détresse, le Paulo qu'a pas ses clefs (non, mardi, il ne sort jamais), une bagnole bousillée (ça ne serait jamais que la 3e fois), la voisine qui pète un cable, un plaisantin noctambule, un faux contact (ça serait trop beau) ? Escaliers ... Oups ! Pas de précipitation inutile, c'est encore la phase de réveil. Déclenchement de la porte d'entrée et attente sur le perron, le temps que le visiteur gravisse le chemin qui mène à la maison. Point positif : la nuit est douce ...
L'hypothèse du plaisantin commence à trotter dans ma tête embrumée quand le haut du chemin s'éclaire d'un, puis de deux faisceaux de lampes torches. Comme souvent, j'ai oublié d'allumer le chemin. A la suite des faisceaux apparaissent deux flics en tenue : "Bonsoir Monsieur, Police Nationale, un de vos véhicules vient de subir des dégradations ..." Ouf : les bleus sont là pour m'aider et merde : c'est encore une caisse qui a morflé. Il y a bien trois ans que l'on avait pas eu de bris de pare-brises, de pneus crevés ou de rétro plié, sans compter les trois bagnoles que nous ont défoncées des poivrots motorisés. On a l'habitude, on est rodé, nos voitures ont toujours eu des existences très brèves. D'ailleurs, un des flics me reconnaît, il avait été témoin du fameux coup double quand un imbibé total avait réussi à détruire nos deux caisses d'un seul coup d'un seul, s'encastrant dans la première et détuisant la seconde par ricochet. Un carambolage de haut vol ! Cette fois, c'est une vitre avant, une broutille en quelque sorte. Des révolutionnaires nocturnes ont balancé d'énormes pavetons dans la vitre conducteur de la Twingo de DLD. Le flic compatissant m'affirme qu'ils étaient sur la piste des casseurs, deux types à pied qui, en remontant la rue, s'étaient fait la main sur quelques rétros et autres poubelles avant de finir en apothéose en explosant le pare-brise de la Twingo. Ils les avaient manqués de peu avant qu'ils disparaissent par les petites rues du quartier de Kergoat.
Le quartier de la gare n'a pas grand chose à voir avec Villiers le Bel, ni même avec Penhars, la ZUP quimpéroise où selon les dires de certains élèves il s'en passe de belles la nuit. Je n'en suis pas encore à envisager l'achat d'un Karcher, mais ces dégradations multiples subies les particuliers deviennent usantes pour le sommeil comme pour le porte-monnaie. Maintenant, il est possible qu'on l'ait un peu cherché. Il faut admettre que la Twingo de DLD tire un peu sur le bleu poulaga et, par les temps qui courent, ça peut exciter certains.
mercredi 28 novembre
Nain Vert
Depuis le Grenelle de l'environnement, le Nain s'est autoproclamé chantre de l'écologie. Le filon est bon, Al Gore en sait quelque chose. Après avoir donner des leçons d'environnement aux States, voilà que le Nain veut propager la bonne parole en Chine. Néanmoins, ce discours s'est tenu devant un parterre d'étudiants et non devant les responsables de l'Etat chinois. Ecolo, mais pas trop, le Nain ne revêt son habit vert que le temps d'un discours. C'est comme pour les droits de l'homme, il est hors de question de nuire aux ventes d'Airbus et de centrales EPR, deux produits très polluants, chacun à sa manière.
D'ailleurs en France, après un certain engouement, le scepticisme monte par rapport aux décisions à venir en matière d'environnement. L'enthousiasme de certaines associations écologiques retombe comme un soufflet, notamment celles de l'Alliance pour la Planète qui s'inquiètent de l'absence de dispositif général de suivi des décisions prises lors du Grenelle de l'environnement.
Toujours la même technique de com. Des effets de manche rarement suivis d'effets sur le terrain. La technique du zapping prévaut. On passe du coq à l'âne à un rythme étourdissant, en pérorant, sans jamais rien régler. Il en va de même pour le pouvoir d'achat pour lequel on attend toujours les annonces promises.
Pour le traitement du problème des banlieues pour lesquelles, malgré les promesses tenues il y a deux ans, rien de concret n'a été fait. Mais, à peine de retour de Chine le Nain s'agite déjà. Il faut dire qu'il s'agit de son terrain de prédilection : la lutte contre la racaille. Va-t-il nous refaire le coup du Karcher qu'on n'a pas toujours digéré dans les banlieues ?
L'humour de Radada Chiti sur le Karcher
lundi 26 novembre
Le silence est d'or
Le Nain est persuadé qu’avec lui, les entreprises françaises vont enfin en finir avec leurs modestes parts du marché chinois. Accompagné d'un bataillon de patrons du CAC 40, notre VRP en chef a participé hier en fin de journée à Pékin à un colloque réunissant quelque 200 dirigeants de PME françaises. Près de 10 milliards d’euros de contrats devraient être signés avec la Chine (en guest stars les réacteurs nucléaires d’Areva et les avions d’Airbus).
Concernant les droits de l'homme en Chine et dans les pays contrôlés par la Chine comme la Birmanie, Le Nain estime que la Chine a joué un "rôle positif" ces derniers mois en Birmanie et a demandé son aide pour obtenir de Rangoun des visas pour ses ministres Bernard Kouchner et Rama Yade judicieusement évincée de la balade chinoise. Quelle audace politique !
Cette politique de complaisance sur les droits de l’homme n’a jamais rapporté à la France les retombées économiques escomptées. Mais le Nain n'en a cure et espère, qu'en jouant les carpettes, il fera remonter les chiffres du commerce extérieur qui, comme tous les autres indicateurs économiques, stagnent lamentablement.
dimanche 25 novembre
Merde in France
Des journalistes de Charlie Hebdo ont enquêté sur les origines du mal qui frappe notre beau pays depuis maintenant plus de six mois. Pour se faire, ils ont interrogé des ressortissants hongrois vivant en France sur la signification du mot "sarkozy" en langue magyare.
Les résultats de cette enquête sont parus dans l'article "Sarkozy fait marrer les Hongrois" du dernier numéro de Charlie. On y apprend qu'en hongrois ce vocable se prononce "char-köz-y", ce qui signifie littéralement "un lieu entouré de boue". Cette éthymologie proviendrait du village hongrois Sarköz, bâti sur des marécages.
Mais ce qui fait vraiment marrer les Hongrois interrogés, c'est la prononciation de son nom à la française : "sar-koz-y". En effet, le phonème "sar" (qui s'écrit en fait "szar") signifie "merde" en hongrois. Dans ce cas, "sarkozy", prononcé à la française, signifie littéralement "dans la merde" en hongrois ...
Après vérifications, il semble que cette interprétation éthymologique soit un peu tirée par les cheveux. Il n'empêche qu'on a l'impression de s'enfoncer dans le szar, chaque jour un peu plus depuis l'avènement du Nain. Malgré les soubresauts des conflits sociaux, le peuple français semble se résigner à vivre dans la merde. Rien de plus naturel sans doute pour un pays qui a pour emblême un animal capable de chanter les pieds plantés dans le fumier.
Biz à Reb pour l'info
samedi 24 novembre
Net Civilisé
Le Nain, désormais rassuré par le soutien massif que lui ont apporté audio-visuel et presse écrite au cours du conflit avec les Transports, peut enfin mettre le nez dans le Net. Hier, à l'Elysée, il s'est félicité qu'un accord soit signé contre le piratage entre ayants droit de la musique et du cinéma, fournisseurs d'accès à l'internet et Etat.
"Aujourd'hui un accord est signé, et je veux saluer ce moment décisif pour l'avènement d'un internet civilisé", a déclaré le Nain qui compare les actes de piratage à "des comportements moyenâgeux où, sous prétexte que c'est du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l'étalage".
Outre que les fournisseurs d'accès s'engagent à mettre en oeuvre des dispositifs de filtrage, le texte prévoit l'installation d'une autorité administrative chargée de superviser la lutte contre le téléchargement pirate, via l'envoi de messages d'avertissement aux internautes qui s'y livrent puis, en cas de récidive, une suspension, voire une résiliation de leur abonnement internet.
Là où il n'y a qu'un deal entre marchands sur le dos des clients, Le Nain, lyrique, annonce "l'avènement d'un internet civilisé". Rien que cà ! J'ai hâte de voir un Net sans porno, sans agression publicitaire, sans spamming, sans arnaque à la consommation, sans attaque virale ...
Mais avant de saluer tous cet avènement, j'en connais quelques uns qui vont devoir calmer les ardeurs de leur mule.
La surenchère répressive (communiqué UFC-Que Choisir)
vendredi 23 novembre
Boîtes à Mmmh
Tout le monde a déjà eu entre les mains une boîte à Meuh. Une de ces boîtes qui produit un mugissement lorsqu’on la retourne ...
Les boîtes à Mmmh de l’artiste France Cadet, elles, émettent des râles d’orgasme, des soupirs ou des bruits de baiser. Il suffit de pointer sa souris sur une des boîtes pour entendre râles et plaintes en rapport avec le pictogramme. Ceinture-gode, fouet, boules de geisha, havane incandescent, menottes ..., il y en a pour tous les goûts.
Toutes ces boîtes sont en audition à la galerie Vanhoecke (Paris) jusqu’à samedi soir 24 novembre. Intitulée Gaude Mihi ("réjouis-moi" : une expression latine qui aurait donné le mot "godemiché"), cette exposition rassemble plus de 65 artistes à qui l’on a proposé de créer, chacun, un prototype de sextoy.
Ecouter les boîtes à Mmmh
Tout sur le godemichet (Wikipedia)
mercredi 21 novembre
Caps à l'Ouest
Le premier coup de barre à l'Ouest aux passage des Baléares avait valu une petite valise méditerranéenne à l'équipage de Véolia. Valise que Bilou et JL ont traînée de Gilbraltar jusqu'aux Canaries. Au passage de l'archipel, les deux quimpérois accusaient un retard d'une bonne centaine de miles dans la vue.
Le deuxième coup de barre à 90° pour un long bord plein ouest a par contre eu l'effet escompté : trouver du vent. Pas des masses, mais plus que l'ensemble des concurrents. Ce coup d'audace leur a permis de faire une sacrée remontée la nuit dernière : à 14h, Virbac est à 57 miles et PRB à 23.
Si la première semaine de course avait été plutôt décevante, la seconde démarre sous les meilleurs auspices. L'option Ouest au sortir des Canaries pourrait s'avérer payante à plus long terme ...
If Eole wants, would say Bilou ...
Race player (carte actualisée des positions)
Video de Véolia en mer
mardi 20 novembre
Otages
Comme en 1995, comme en 2003, le gouvernement a décidé de rester sourd aux demandes de négociations. A l'approche de Noël, la bande du Nain mise sur le pourrissement quitte à plonger le pays dans un marasme qu'elle s'empresse de condamner.
Pour désigner les coupables, Le Nain peut compter sur le soutien sans faille des médias audio-visuels. Aujourd'hui, à croire qu'ils s'étaient donnés le mot, nombre de journalistes mis en exergue la phrase de Thorez (il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue), mais en omettant la plupart du temps la seconde partie de la citation. Consciemment ou non, les principaux médias ne cessent de relayer l'emphase sémantique du pouvoir. A coups de micro-trottoirs et d'antenne libre, on victimise, on dramatise, on stigmatise. Les usagers deviennent alors les "otages" de grévistes sans foi ni loi qu'accrochent à des privilèges obsolètes. L'enjeu des conflits, l'absence de concertation et de négociation passent au second plan.
Toujours la même recette simpliste : on jette l'anathème sur des boucs émissaires, on dresse un groupe contre un autre. Comme quand les étudiants soucieux de reprendre les cours appplaudissent aux violences policières dont étaient victimes leurs congénères qui occupaient les facs.
Par contre, on ne voit guère le Matamore, celui qui libère les otages en deux coups de cuiller à pot aux quatre coins du Globe. Il a là une occasion de briller, d'en libérer des tas, plusieurs millions d'un coup si on en croit Elkabach et consort ...
Justifiés ou non, les mouvements de grève qui secouent le pays depuis plus d'un mois sont le signe d'un profond mécontentement de la population. La mobilisation des fonctionnaires qui risque d'être forte en apportera encore la preuve.
Voilà sept jours que l'Omniprésent n'a pas roulé des mécaniques et lancé quelque rodomontade ... Trop risqué sans doute.






































